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«Pour Ramadhan, et afin d’enrayer la hausse des prix,
Saïd Barkat se mouille. Il encourage fortement l’importation
de viande fraîche.»
Mmmmmmm !
Je pensais que l’université avait d’énormes problèmes cette année pour caser
dans ses amphis tous les étudiants. Pourtant, il en est un qui arrive
aujourd’hui tout frais tout pimpant à l’aéroport d’Alger et qui, d’office, sans
avoir à chercher, sans avoir à faire la queue, sans suer du paletot, a été placé
dans la meilleure des facs algériennes, celle de la capitale. Non seulement on
lui a trouvé une place au premier rang, mais en plus, on le nomme d’entrée
Docteur honoris causa, avec remise de diplôme et tout le tintouin qui va avec.
En plus de décrocher illico presto un doctorat alors qu’il n’a jamais étudié
ici, le président iranien Mohamed Khatami arrive pratiquement au même moment où
s’opère une vague d’arrestations sans précédent dans les campus algériens. Près
d’une centaine de résidents de la cité U de Beni-Messous ont été coffrés
mercredi dernier par la police. Il est évident que Khatami, respectueux du
protocole et des règles de non-ingérence, ne pipera mot sur ces arrestations
opérées dans une circonscription universitaire dont il fait pourtant partie à
partir d’aujourd’hui. Son doctorat en poche, le président iranien ira ensuite
essuyer ses chaussures sur le tapis rouge que lui déroule l’APN. Il prononcera
un discours devant les élus. Qui seront, comme par miracle, plus nombreux et
plus studieux que lors de débats concernant directement 30 millions d’Algériens.
Alors bien sûr, les fins analystes de la scène politique iranienne, les
observateurs avertis des nuances théologiques au royaume de Perse ne manqueront
pas de me faire remarquer que Khatami est moins intégriste que Khamenei, qu’il
est moins facho, plus enclin à ouvrir son pays et une partie du tchador des
femmes iraniennes sur la modernité. Excusez-moi de ne pas être très au fait des
subtilités en matière d’intégrisme iranien et d’intégrisme tout court. J’avoue
plus crûment n’avoir pas de temps à consacrer à mesurer la longueur des kamis de
Khatami et de Khamenei pour en déduire qui des deux est l’islamiste le plus
virulent. Que voulez-vous, primaire comme je le suis, je ne retiens qu’un fait :
c’est dans l’université de Liabès, de Boukhobza, de Djabali, de Sari et de tous
les autres martyrs de l’université algérienne qu’un mollah — modéré ou pas —
sera accueilli et honoré. Ça fait mal ! Tellement mal que j’en fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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