La plus grande et la plus ahurissante escroquerie dont ont été victimes des centaines de fellahs de la région nord-est du pays continue à soulever des interrogations quant à la passivité extraordinaire dont ont fait preuve les pouvoirs étatiques pour mettre fin à une injustice, à une hogra caractérisée. Les centaines de fellahs escroqués qui ne savent d’ailleurs pas à quel saint se vouer ont frappé à toutes les portes. Ils ont alerté tout le monde sur leur cas mais rien ne laisse présager qu’ils récupéreront un jour leurs biens. Tout a commencé lorsque les gérants de la coopérative agricole dénommée la Coopsem et dont le siège social était dans la localité de Chebaïta-Mokhtar, dans la wilaya d’El-Tarf, ont fait savoir aux fellahs qui leur ont livré leurs récoltes de pommes de terre qu’ils étaient incapables de les payer. Les gérants vont plus loin en arguant le fait que puisque la faillite de la coopérative a été constatée, les fellahs ne peuvent rien espérer étant donné que la coopérative leur appartenait. est évident que les choses doivent être clarifiées d’avance. La Coopsem était un organisme étatique créé dans le but de développer la production agricole et d’éviter l’importation de semences de la pomme de terre et si elle a fait faillite, il est hors de question que les fellahs payent les pots cassés et qu’on les implique dans une affaire qui ne les concerne pas. A cet effet, et ayant patienté quelques mois, bon nombre de fellahs ont intenté une action en justice et ont eu gain de cause. La coopérative a été condamnée à les payer. Ceci expliquant cela, il a été confirmé que la coopérative en question était bel et bien étatique. Au fil des ans, des biens appartenant à la coopérative ont été vendus mais c’est la banque qui a tout pris parce qu’elle devait, elle aussi, de l’argent à la coopérative et passait en priorité suivant les lois. Aujourd’hui et possédant les jugements en leur faveur, les fellahs sont toujours dans l’attente d’une réaction du ministère de l’Agriculture et des hauts responsables étatiques pour être rétablis dans leurs droits. Nasreddine Bakha
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