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  Mardi 09 Novembre 2004
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Régions Ouest : TLEMCEN
Quels lendemains pour la steppe ?


Quand on évoque la wilaya de Tlemcen, on a généralement une idée généreuse de la capitale des Zianides, on s’imagine seulement les plaines verdoyantes de Mansourah, les cascades, le plateau de Lalla-Setti et le merveilleux littoral de Marsat Ben-M’hidi. La carte postale tlemcénienne, c’est souvent cela, des images plutôt gaies.

Prenons une toute autre direction, celle du Sud par exemple. A moins de 40 km, on est en pleine zone steppique. Le contraste est frappant. La daïra de Sebdou fait bel et bien partie du décor administratif de la wilaya de Tlemcen. Sebdou dont le nom ne veut pas dire grand-chose au visiteur, car elle n’est ni sur le littoral méditerranéen ni sur la frontière ouest, Sebdou, c’est déjà le Sud. Cette vaste bande de la partie centrale de la zone steppique s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres. Quand on y pénètre pour la première fois, d’emblée on sent qu’il reste beaucoup à faire en matière d’investissement et de développement.

Contraintes et potentialités
L’activité pastorale est prédominante, mais elle est pratiquée dans un écosystème fragilisé et menacé par la désertification. L’avancée du désert résulte de l’interaction de plusieurs facteurs. Il y a la sécheresse qui sévit dans la région depuis deux décennies et les dégradations causées par le défrichement des parcours steppiques. Les nappes alfatières n’échappent pas à ce cycle de céréalière. Dans la commune de Belhadj Boucif, le couvert végétal est resté intact, et ce, grâce au climat relativement humide, ce qui constitue une bande de protection contre la désertification. Le paramètre climatique en ces lieux constitue un encouragement pour l’implantation des projets d’aménagement. La pluviosité annuelle reste assez faible; elle ne dépasse guère les 300 mm/an et reste variable d’une année à une autre. L’eau conditionne tout pour l’ensemble des Hauts-Plateaux.
Sédentarisation et nomadisme
L’activité pastorale est en plein déclin, ce qui réduit pratiquement cette forme d’exode traditionelle (rahla), les besoins en matière de santé, d’éducation et d’autres besoins de la vie moderne sont des motifs affligeants pour une sédentarisation définitive. La vie de nomades dans la steppe d’ici à quelques années ne sera plus qu’une légende. Rares les kehimates qui survivront dans les grands espaces libres. Le nomadisme de la steppe touche à son crépuscule.
Un foncier immense non maîtrisé

La nature et l’origine des terrains revêtent un caractère problématique. La méconnaissance de leur nature juridique est à l’origine de beaucoup de problèmes freinant le développement. Ces zones sont à promouvoir et évidemment seule la cession symbolique du terrain peut convaincre l’investisseur : la zone steppique se répartit en quatre catégories : ârch, communaux, domaine de l’Etat et Sebga.
Démographie et impact socioéconomique

S’étalant sur une superficie de 280 000 ha vers les régions nord, la population actuelle est de 33 700 habitants dont 6 000 nomades. Soit une densité faible de 12 habitants/km2. La zone steppique représente le 1/3 de l’espace de la wilaya et regroupe 4% de la population totale. L’exode vers le Nord (13 000 h entre 1977 et 1982) est dû essentiellement à la pauvreté et au manque de moyens dans cette partie sud de la wilaya de Tlemcen. La population est composée de trois grandes tribus : Ouled N’har, Aïn Gheraba, Ouled N’har Cheraga et les Angads. Elles sont contenues entre Magoura et Sidi Djillali. Leur activité agricole, notamment les céréales, s’exerçait jusqu’aux confins de l’Atlas tellien. A partir des années 70, l’industrialisation de la wilaya allait bouleverser le rythme de vie de ces populations. Le grand départ vers le Nord s’expliquait par un besoin de vie décente. En 1977, il ne restait plus que 13% de la population nomade, l’autre partie est venue s’installer dans les communes de Tlemcen : Chetouane, Mansourah, Sebdou. Ce qui explique une forte densité de la population et les problèmes qu’elle génère. Mais si demain il recommence à pleuvoir comme jadis sur la steppe, beaucoup de monde fera le come-back, car même la ville n’offre plus rien d’intéressant pour les déracinés.

M. Zenasni

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