Que le gazole augmente de 5 dinars, le pourcentage reste très élevé. Car l’astuce du pouvoir consiste à présenter l’augmentation en dinars et non en pourcentage. 5 dinars de plus représentent un peu moins de 43 % d’augmentation et 2 dinars un peu plus de 17 %. L’écart est terrible. 43 % ou 17 % de plus dans les charges provoquera des augmentations en série sur toute la chaîne des produits. Et d’abord dans le transport et par le transport. Il faut bien que les producteurs, les grossistes, les détaillants déplacent les produits pour les mettre à la disposition des clients. Automatiquement, la vie sera plus chère. Je ne parle pas des conséquences sur le bâtiment, les mines, les travaux publics gros consommateurs de carburants pour leurs camions et leurs engins. Je peux comprendre que le gouvernement réajuste les prix de ce carburant si vraiment son prix est trop bas par rapport à ses coûts de production. Est-ce le cas ? Et si oui pourquoi seul le gazole se retrouve dans cette situation et pas les autres carburants ? Ce n’est pas la seule anomalie. Les automobilistes payent plus cher l’essence sans plomb réputée à tort ou à raison d’être moins polluante. Que pense le ministère de l’Environnement de ces prix qui pénalisent la protection de l’air ? Nous ne le saurons jamais pas plus que nous ne saurons les raisons de la révision du prix du gazole. Nous sommes face à une politique muette sur ses motivations, sur ses raisons et sur ses logiques. Cette mesure est à l’évidence antisociale comme l’ont dit certains députés surtout si elle ne repose pas sur de solides fondements économiques. Le plus grave reste cependant qu’elle a été préparée pendant que les boulangers menaçaient de faire grève pour l’augmentation du prix du pain. Ils se plaignaient de faibles marges bénéficiaires. Demain, ils auront encore plus de motifs d’être mécontents. Le coût du transport se répercutera sur le prix de la farine et donc sur les coûts de production de la baguette. N’importe quel gouvernement saurait que cette mesure annule à la fois la revalorisation du SMIG par la poussée sur les prix et pénalise les couches sociales mécontentes de leurs revenus comme c’est le cas des boulangers. La question qui revient sans cesse quand on examine les décisions du pouvoir est la valeur qu’ils accordent à l’opinion des gens, des groupes et des catégories sociales. Compte-elle vraiment pour le pouvoir ? M. B.
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