Le docteur Kamel-Eddine Fekhar, premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS) à Ghardaïa, risque la peine capitale. C’est ce que nous a affirmé, hier, son avocat Maître Ben Issad. «Attroupement illégal, incendie volontaire, destruction de biens de l’Etat et obstruction de la route» sont les chefs d’inculpation retenus contre ce délégué. Ces chefs d’inculpation ont été signifiés, hier, par le juge d’instruction au collectif de la défense. Ces griefs sont condamnés par les articles 97, 98, 396 et 396 bis du code pénal. Les peines encourues vont de la réclusion à plus de 20 ans jusqu’à la condamnation à mort. Onze commerçants sont dans le même cas. Ils sont détenus depuis le 13 octobre suite au mouvement de grève initié deux jours auparavant à Ghardaïa. Durant ces évènements, un service appartenant à l’Algérienne des eaux et un bureau de poste ont été détruits et brûlés. Les mesures prises à l’encontre du docteur Fekhar sont en contradiction totale avec les pactes ratifiés par l’Algérie. En effet, sa détention provisoire n’est pas de mise. Selon les explications fournies par Me Ben Issad, notre pays a signé le pacte international relatif aux droits civil et politique. Ce qui induit l’obligation de respecter le principe du droit à la liberté et la présomption d’innocence. «La détention provisoire doit être une mesure exceptionnelle», a souligné notre interlocuteur. Les personnes ne sont donc détenues provisoirement que si elles représentent un danger pour la société et exercent des pressions sur des témoins ou détruisent des preuves. La détention provisoire de ces douze inculpés est également en violation avec l’article 123 du code de procédure pénale. «Ces inculpés ont tous des garanties de représentation. La principale étant un domicile fixe», a affirmé leur avocat. Et de s’interroger : «Pourquoi sont-ils alors détenus provisoirement ?» Les inculpés sont actuellement en phase d’instruction. Après la collecte d’informations par le juge d’instruction, il clora le dossier. Il sera alors transféré vers le tribunal de Ghardaïa. Puis viendra la longue attente de la session criminelle. «A Ghardaïa, il y a deux à trois sessions criminelles par an», a souligné Me Ben Issad. Durant tout ce temps, les prévenus seront en prison. La première action qui sera engagée par les avocats sera l’introduction d’une demande de déqualification des faits. Pour rappel, le docteur Fekhar Kamel-Eddine, coanimateur de la table ronde qui a regroupé Hocine Aït Ahmed, Abdelhamid Mehri et Mouloud Hamrouche, a été appréhendé de manière musclée le 31 octobre à minuit à Aïn-Benian par la police juste après la fin de la rencontre animée à l’occasion des festivités du 1er Novembre. C’est en exécution d’un mandat d’arrêt lancé par le juge d’instruction auprès du tribunal de Ghardaïa que cette procédure a eu lieu. M. Fekhar Kamel-Eddine, également membre de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH) s’est impliqué dans ces évènements qui ont secoué la ville mozabite durant plus d’une dizaine de jours. Meriem Ouyahia
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