Le Centre international de presse a invité, dans la soirée de dimanche dernier, un enseignant de la Faculté de droit pour donner un exposé sur le grand projet du Moyen-Orient des Américains. Rien de surprenant à l’annonce de l’événement, sauf que le conférencier a étonné plus d’un présent par un discours des plus conciliant avec le numéro un du terrorisme international, Oussama Ben Laden. L’homme, M. Guellour Abdesslem, a pris le soin à l’occasion de solliciter la présence des représentants du régime des mollahs à Alger. Le décor est ainsi façonné pour que le conférencier puisse opérer une sortie digne des partisans de la subversion internationale des islamistes. L’intitulé exact de la conférence porte sur "Le projet américain du grand Proche-Orient : entre le rêve américain possible et le réel cauchemar arabe". Tout en empruntant des raccourcis, le conférencier a, durant son exposé, invité les présents à méditer sur des faits de l’histoire qui ont amené les Etats-Unis à réagir de la même manière qu’en Irak. Il cite comme "premier péché originel" de la première puissance mondiale sa contre-offensive contre le Japon suite aux attaques perpétrées par l’armée de ce pays sur la base navale de Pearl Harbor. Le pays de l’Oncle Sam a, selon ses dires, "profité de cette situation afin de normaliser ses relations avec l’ensemble des pays du Pacifique en allant imposer la démocratisation forcée des régimes et l’installation de dirigeants politiques inféodés à sa politique extérieure". Le conférencier qui expose dans une enceinte réservée d’habitude à l’activité médiatique officielle, relève que "ce qui est en train de se passer dans les pays arabo-musulmans est pratiquement la même chose". "Les Américains ont trouvé l’alibi idéal dans les attaques du 11 septembre dernier pour s’attaquer à l’Afghanistan comme première étape, l’Irak comme seconde étape, pour parvenir par la suite à neutraliser l’Iran", signale-t-il avant d’asséner cette vérité : "Car, l’objectif est de dominer le Moyen-Orient. Sinon pourquoi nos frères Iraniens subissent un acharnement américain sous prétexte qu’ils possèdent des armes de destruction massive ?". Et de s’indigner sur le même ton : "Pourquoi cette politique de deux poids deux mesures qui fait qu’Israël dispose sans qu’elle soit inquiétée d’armes nucléaires alors qu’on interdit cela pour d’autres pays ?". L’homme tente par la suite de jouer sur la fibre islamiste : il affirme que "depuis la date du 11 septembre, George Bush a identifié les parties qui représentent le bien et le mal dans ce monde". "Les musulmans sont les mauvais et leurs pays sont des terreaux fertiles du terrorisme, donc il faut les exterminer pour préserver le monde libre que représente le monde occidental", n’a-t-il cessé de répéter durant son "prêche". Pour mieux étayer son argumentaire, l’orateur relève que "cette volonté de dominer le monde arabo-musulman ne date pas d’aujourd’hui : cette stratégie est contenue dans un document de 30 à 40 pages établi par les services de l’administration américaine en 1991". Son objectif principal est, selon le conférencier, "de dompter les dirigeants politiques qui s’opposent à la ligne de conduite américaine puis assurer la mainmise sur les réserves mondiales dont dispose le monde arabe". Un fait que n’ont cessé de radoter les médias et les analystes depuis des années. Mais, la chose importante qu’ignore le conférencier est le refus des Européens du plan de remodelage américain" de l’ensemble régional qui vise à bouleverser la donne politique et économique dans une région allant du Maghreb au Pakistan". Ce projet a été à maintes reprises critiqué lors du dernier sommet du G8 puis au sommet de l'OTAN. N. B.
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