Actualités : AUTORITÉ PALESTINIENNE
Vers une guerre de succession


La guerre de succession que voulait éviter la direction de l’Autorité palestinienne semble inéluctable. L’épouse de Arafat a ouvert hier les hostilités en accusant de hauts responsables palestiniens d’anticiper et de vouloir “enterrer Arafat vivant”.
Souha Arafat a vivement réagi à l’annonce du déplacement à Paris du Premier ministre, du numéro deux de l’OLP et du ministre des Affaires étrangères. Sortant de sa réserve, l’épouse de Arafat a porté de graves accusations à l’encontre des trois responsables. «Que l'honnête peuple palestinien sache qu'une bande de ceux qui veulent hériter vient à Paris demain. Vous devez réaliser l'ampleur du complot. Je vous assure qu'ils essaient d'enterrer Abou Ammar vivant», a-t-elle indiqué. Des propos qui viennent semer davantage de confusion et relancer le débat sur une succession qui risque de se faire dans la douleur et la violence. Il a suffi que Ahmed Qorei, Mahmoud Abbas et Nabil Chaath fassent savoir qu’ils comptaient se rendre au chevet du raïs hospitalisé pour que le très fragile consensus soit rompu. Les récentes réunions qui avaient eu comme conclusion, l’impérieuse nécessité de sauvegarder l’unité nationale se sont avérées vaines. Se sentant agressées par les propos de l’épouse du président de l’Autorité palestinienne, les personnes incriminées auraient retardé leur voyage selon certaines sources tandis que d’autres parlent d’une annulation pure et simple. En dépit des fermes recommandations des différents dirigeants, les factions n’arrivent pas à parler d’une même voix. Il suffit d’écouter les déclarations contradictoires sur la santé du raïs pour s’en convaincre. Il est en effet reproché aux responsables palestiniens de n’avoir pas désigné un porte-parole et d’avoir autorisé plusieurs personnes à donner des informations souvent contradictoires sur l’état de santé de Yasser Arafat. Hier, la même confusion régnait au sujet du controversé déplacement à Paris. «A ma connaissance, il n'est plus prévu qu'ils viennent à Paris», a déclaré le ministre français de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Son homologue des Affaires étrangères, Michel Barnier a confirmé quant à lui la venue des trois responsables palestiniens. De son côté, Mohamed Dahlan a certifié que le Premier ministre Ahmed Qorei, le numéro deux de l'OLP Mahmoud Abbas et le chef de la diplomatie palestinienne Nabil Chaath devaient quitter la Cisjordanie à destination de la Jordanie et de là gagneraient Paris, mardi, pour voir Arafat. Un retard dû à la sortie de l’épouse de Arafat qui essuie de plus en plus de critiques. Il lui est reproché de concentrer trop de pouvoirs entre ses mains et d’opposer un black-out sur l’évolution de l’état de santé de son mari alité à Paris. C’est pourtant elle qui a envoyé un message aux dirigeants de l’Autorité palestinienne, leur donnant plus de précisions sur l’état de santé de son mari. C’est suite à cette missive que la décision de se rendre au chevet de Arafat a été prise. Un haut responsable de la délégation accompagnant M. Arafat à Paris avait affirmé, sous couvert d'anonymat, que la visite des trois dirigeants palestiniens visait à leur permettre de «connaître le réel état de santé du président Arafat. Depuis dimanche, peu d’informations au sujet de l’évolution de l’état de santé de Arafat ont été rendues publiques. Le service de santé de l’armée française s’est contenté d’indiquer que «Yasser Arafat est dans un état inchangé par rapport au dernier bulletin».
N. I. / Agences



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