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Fort des 85% de voix qui se sont exprimées en faveur de sa réélection le 8 avril dernier, le chef de l’Etat, qui, lors de son premier mandat, ne s’était pas gêné pour prendre des libertés avec la Constitution en accordant la grâce à des personnes non jugées et donc non condamnées, se présente, aujourd’hui, comme un président scrupuleux qui avoue son indisposition à appliquer l’amnistie générale sans en référer au peuple sous le confortable prétexte que cela dépasse ses prérogatives. Etrange attitude, il faut le dire, qui incite à davantage de prudence tant le pavé jeté dans la mare pourrait apparaître comme un ballon-sonde destiné à prendre le pouls d’acteurs politiques et à donner, par la même occasion, une idée de lui, qui soit celle d’un président qui n’est là que pour traduire dans les faits l’expression d’une volonté populaire.
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