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“Procès des 5 faux touristes allemands. C’est au tour de la justice
algérienne de fouiller dans leur passé.”
Récidivistes ?
Entre dix mille et un million. Ce sont là les estimations
fluctuantes du nombre de faux moudjahidine qui circulent librement dans nos
villes, le revers de veste généralement décoré d’un beau petit bout de
ruban aux couleurs d’une "thawra" qu’ils n’ont pas menée. Je
veux bien admettre que la Révolution a été et reste généreuse, mais comment
diable dix mille (dans la version basse) ou un million (dans la version haute)
de faux moudjahidine ont-ils fait pour tromper la vigilance proverbiale d’un
pays capable de savoir à la minute près qu’un citoyen algérien passera la
frontière tel jour, sur tel vol et en possession de valeurs non autorisées à
la circulation ? Comment peut-on déterminer avec exactitude et dans un temps
relativement court — moins de trois ans — qu’une entreprise réunissant
les activités bancaires, aériennes et de construction est en vérité la plus
grosse escroquerie du siècle lorsque l’on n’est pas capable, par ailleurs,
de mettre la main sur un réseau de "faussaires de l’histoire" se
prévalant d’une légitimité révolutionnaire et tellement pas inquiétés qu’aucun
de ces membres n’a jugé bon d’aller se réfugier à Londres ? Tout de même
! Il ne me semble pas impossible, titanesque et irréalisable que l’Algérie,
sur le dix mille ou sur le million de faux moudjahidine en activité, en arrête
un ou deux, les montre à la presse, explique comment ils s’y sont pris pour
truander la mémoire collective et les condamne. Je voudrais ainsi voir des
sources judiciaires anonymes, comme celle très active sur les fuites dans le
dossier Khalifa, alimenter tous les jours les journaux en informations
croustillantes sur les filières empruntées par les faux moudjahidine, le
nombre de hauts commis de l’Etat qui ont exercé dans ce secteur et qui ont
déjà été entendus ou sur le point de l’être et les mises sous mandat de
dépôt de tous ceux qui ont signé les attestations taïwan d’anciens
combattants. C’est, me semble-t-il plus facile à réaliser lorsqu’on a un
million de suspects que lorsqu’on n’en dispose à peine que d’une
centaine. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.
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