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«Pour son second mandat, Abdekka a tenu parole. Il avait promis que les
choses allaient bouger, et effectivement, ça bouge vachement.»
5,7 et 4,7
C’est une spécificité nationale, un label que nous
serions presque tentés de revendiquer et de défendre. Nous savons comme
personne au monde lancer un débat d’utilité publique, le traiter pendant une
ou deux semaines, parfois un mois, ensuite, pfuitt ! Fini, oublié le débat d’utilité
publique. On n’en entend plus parler. Prenez cette affaire de viande fraîche.
On en a soupé durant le mois de Ramadhan. Elle va venir. Elle est en route.
Elle approche de nos côtes. On l’aurait aperçue débarquant toute
frétillante dans plusieurs ports du pays. Elle aurait été convoyée sous
très haute escorte vers les boucheries de nos villes et villages. Et surtout,
on nous a expliqué, le ministre de l’Agriculture en tête, qu’il ne s’agissait
pas d’importation conjoncturelle, mais bien d’une procédure «d’inondation»
du marché algérien sur le long terme. Le tout étant bien évidemment de
ramener le prix de la viande à des seuils abordables. Je ne sais pas ce que l’on
considère comme des seuils abordables en hauts lieux, mais une tournée dans
plusieurs boucheries m’a permis de constater qu’il n’y avait pas de
viande, toutes races et catégories confondues à moins de 700 DA le kilo.
Autant dire qu’on en est donc au même point aujourd’hui que lors de la
première semaine de Ramadhan, lorsque la viande fraîche importée n’était
qu’au stade d’idée et qu’elle n’avait pas encore quitté sa douce et
tendre Irlande natale pour nos brutales et carnassières mâchoires
arabo-méditerranéennes. Du coup, questions, adressées notamment au docteur
Saïd Barkat : la stratégie de défense du pouvoir d’achat de l’Algérien
par l’importation de viande fraîche a-t-elle été abandonnée ? Auquel cas,
pourquoi ? Et surtout, comment se fait-il que cette importation nous ait été
présentée aux premiers jours de Ramadhan comme la solution miracle, le fruit d’une
mûre réflexion censée abattre le diktat des maquignons, de leurs associés
collatéraux et des parrains de tout ce beau monde, pour finalement ne s’avérer
qu’un canular de plus dans une gestion du pays qui en collectionne jusqu’à
ne plus pouvoir ? En attendant des réponses, je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H.L. |