Lundi 06 Décembre 2004
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QUI SE SOUVIENT DE LA VIANDE FRAICHE IMPORTÉE ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
«Pour son second mandat, Abdekka a tenu parole. Il avait promis que les choses allaient bouger, et effectivement, ça bouge vachement.»

5,7 et 4,7

C’est une spécificité nationale, un label que nous serions presque tentés de revendiquer et de défendre. Nous savons comme personne au monde lancer un débat d’utilité publique, le traiter pendant une ou deux semaines, parfois un mois, ensuite, pfuitt ! Fini, oublié le débat d’utilité publique. On n’en entend plus parler. Prenez cette affaire de viande fraîche. On en a soupé durant le mois de Ramadhan. Elle va venir. Elle est en route. Elle approche de nos côtes. On l’aurait aperçue débarquant toute frétillante dans plusieurs ports du pays. Elle aurait été convoyée sous très haute escorte vers les boucheries de nos villes et villages. Et surtout, on nous a expliqué, le ministre de l’Agriculture en tête, qu’il ne s’agissait pas d’importation conjoncturelle, mais bien d’une procédure «d’inondation» du marché algérien sur le long terme. Le tout étant bien évidemment de ramener le prix de la viande à des seuils abordables. Je ne sais pas ce que l’on considère comme des seuils abordables en hauts lieux, mais une tournée dans plusieurs boucheries m’a permis de constater qu’il n’y avait pas de viande, toutes races et catégories confondues à moins de 700 DA le kilo. Autant dire qu’on en est donc au même point aujourd’hui que lors de la première semaine de Ramadhan, lorsque la viande fraîche importée n’était qu’au stade d’idée et qu’elle n’avait pas encore quitté sa douce et tendre Irlande natale pour nos brutales et carnassières mâchoires arabo-méditerranéennes. Du coup, questions, adressées notamment au docteur Saïd Barkat : la stratégie de défense du pouvoir d’achat de l’Algérien par l’importation de viande fraîche a-t-elle été abandonnée ? Auquel cas, pourquoi ? Et surtout, comment se fait-il que cette importation nous ait été présentée aux premiers jours de Ramadhan comme la solution miracle, le fruit d’une mûre réflexion censée abattre le diktat des maquignons, de leurs associés collatéraux et des parrains de tout ce beau monde, pour finalement ne s’avérer qu’un canular de plus dans une gestion du pays qui en collectionne jusqu’à ne plus pouvoir ? En attendant des réponses, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H.L.

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