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«Transports maritimes. Bientôt une ligne Batna-Béchar»
Sans eskale !
Au moment où vous vous dites et que vous l’écrivez,
lorsque vous en avez la possibilité, que «les choses bougent et des petites
ouvertures se font jour dans la muraille» vlan ! La porte — que dis-je ? —
le trou de souris vous est immédiatement et brutalement refermé au nez. Prenez
cette conférence sur les droits de l’homme que devait animer mercredi dernier
à Tizi-Ouzou maître Ali Yahia Abdenour. Elle a été annulée. Et je ne veux
même pas revenir sur les motifs officiellement invoqués par les autorités
pour opposer un niet à cette manifestation. C’est tellement riquiqui qu’il
me semble plus utile d’aller à l’essentiel. D’abord, une telle
interdiction, même si on me jure le contraire sur tous les saints que compte ce
pays n’est pas le fait des autorités locales. Que voulez-vous, c’est comme
çà, j’ai les préjugés de mon âge, et lorsque une activité de cet
«emmerdeur» de Ali Yahia Abdenour est interdite, pas besoin de dons
divinatoires pour savoir que ce bon vieil Alger a toujours un œil aussi bien
rivé sur les activités régionales des vieux insoumis. Il y a quelques
années, le fait que Ali Yahia Abdenour se voit refoulé, interdit d’expression
allait presque de soi, entrait dans le cadre d’une culture de la muselière
littéralement revendiquée. Mais aujourd’hui ? On ne peut pas aller devant
des diplomates arabes et africains réunis en grande pompe au Japon comme l’a
fait Abdekka l’autre jour et leur assurer qu’il n’y a pas plus respectueux
que l’Algérie des droits de l’homme lorsqu’au même moment, un vieillard
encore vert, droit comme un chêne indéracinable est contraint au silence. A l’entrée
de la Maison de la Culture de Tizi-Ouzou, cet homme-là ne portait pas de
ceinture d’explosifs autour de la taille. Il ne dissimulait pas de
détonateurs dans les poches de son «vieux pardessus râpé». Il voulait juste
parler, expliquer, discuter, comparer, argumenter et peut-être –suprême
effronterie- contredire. Il a été empêché de le faire. C’est dire tout le
chemin qui reste à accomplir pour celui ou ceux qui crient dans un mégaphone
nippon, français ou américain qu’ils veulent une société moderne, des
femmes enfin débarrassées du carcan du code de la famille et qui s’effraient
pourtant qu’un petit homme, au crépuscule de sa longue vie, de ses combats,
contestables ou pas pour certains veuille dire autre chose, prononcer des
paroles dont, finalement, le seul tort est de ne pas entrer dans le moule de la
normalisation en cours et de la fraternisation au forceps. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.
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