
Actualités : ARRIVÉE DE LA DÉPOUILLE MORTELLE DE MOHYA A TIZI-OUZOU L’hommage à un monstre sacré de la culture amazighe
Il y avait foule, hier, à la Maison de la culture de Tizi- Ouzou où était exposée la dépouille mortelle du poète, dramaturge et traducteur d’expression kabyle, Abdellah Mohya, décédé mardi dernier à Paris des suites d’une longue et pénible maladie. Dans la matinée déjà, au moment même où la dépouille était attendue à l’aéroport Houari-Boumediene d’Alger, le hall de la Maison de la culture grouillait de monde. Des visiteurs intéressés sont à l’affût de la moindre information sur la vie et l’œuvre de celui qui s’est volontairement confiné dans le silence, il y a de cela plus d’une dizaine d’années. Sur les murs du hall d’exposition de la Maison de la culture, des photos, des articles de presse, des hommages posthumes, une exclusive et unique interview accordée à la défunte revue Tafset... Un ensemble de documents qui rendaient par bribes l’image et l’itinéraire de Mohya dont la mort a réveillé bien des nostalgies chez beaucoup de personnes impliquées ou qui étaient tout simplement contemporaines des premières et difficiles années de lutte et de revendications pour la reconnaissance de l’identité berbère. Pour tous ceux-là, et aussi pour ceux qui le découvre seulement maintenant, Mohya est le témoin d’une époque, d’un combat et d’une certaine idée de la liberté qu’il a su rendre et traduire avec sa faconde et son génie créateur de poète et de dramaturge qui a réussi à faire la symbiose entre l’humus et les référents du terroir natal et l’universalité, dimension qu’il sut transcrire à travers des traductions adoptions, d’œuvres littéraires (poésie, théâtre, contes...) du domaine universel. Grâce à lui, Prévert, Nazim Hikmet, Boris Vian, Pirandello, Lou Sin, Brecht, S. Bichett, Molière... sont disponibles en kabyle dans le texte. Durant toute l’après-midi d'hier, des flux ininterrompus de visiteurs ont été visibles à la Maison de la culture. Des foules d’anonymes où l’on apercevait des visages connus du monde politique et artistique local. Les mêmes flux de citoyens seront certainement visibles aujourd’hui à l’occasion de son enterrement dans son village natal, Aït- Eurbah, dans la commune d’Iboudrarène. Un bel hommage pour celui qui de son vivant était reconnu comme étant un monstre sacré de la culture amazighe et qui a désormais rejoint sa place dans la postérité des grands poètes. S. A. M.
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