Régions Centre : TIRMITINE/AEP
Megdoul “victime” de l’égoïsme de ses voisins et des... pannes


Comme promis la semaine dernière, le premier responsable de la daïra de Draâ Ben Khedda, M. Kabli, les directeurs respectifs de wilaya de l’hydraulique, de l’unité ADE (Algérienne des eaux) de Tizi-Ouzou, de la station de refoulement de Maâtkas, ainsi que l’unité ADE de Draâ Ben Khedda, quoique, finalement, non concerné directement par le problème, étaient présents au rendez-vous de mardi dernier pour recevoir les représentants du village Megdoul (commune de Tirmitine), souffrant d’une alimentation en eau potable insuffisante.
Des discussions, empreintes de bon sens qui ont eu lieu entre les principaux responsables concernés et les villageois, l’on a relevé que le nœud du problème réside, non seulement dans la vétusté du réseau qu’alimente le forage de Bouaïd (à mi-chemin entre Boukhalfa et Draâ Ben Khedda) et l’équipement de la station de Tassadort (Tizi- Ouzou), dont les services de l’hydraulique envisagent son changement total, le tout conjugué aux fréquentes pannes et coupures d’électricité, mais surtout des piratages et branchements illégaux d’autres villages voisins, tels Ibahlal et Ikhriben. Voulant à un moment intervenir pour remédier de façon équitable et rationnelle à cette situation, les services techniques de l’hydraulique, de l’ADE et de la daïra avaient alors été reçus par des villageois, menaçant avec des haches quiconque oserait toucher lesdits branchements, chose reconnue par les présents qui estiment avoir opté sagement pour l’apaisement afin d’éviter tout facteur d’affrontement. “C’est bizarre, dira le chef de daïra, à chaque fois qu’on essaie de faire quelque chose d’utilité générale pour le développement de la commune de Tirmitine, il se trouve que l’administration rencontre des difficultés venant tout bonnement des oppositions locales de tel ou tel autre qui vous disent d’accord mais à condition que ça ne passe pas sur mon terrain, sur mon jardin ou devant ma maison, etc.”, citant des exemples dans l’électrification, l’AEP, la réalisation d’établissements scolaires... Cependant, la solution dans l’immédiat est conditionnée par le pompage d’une fourchette d’au moins 20 heures par 24 heures, pour que l’eau puisse atteindre Megdoul, situé à l’extrémité de la chaîne de distribution (148e village), comme l’avait déjà expliqué lors de la première rencontre M. Aouchiche, directeur de l’unité ADE de Draâ Ben Khedda, et confirmé par les autres responsables (hydraulique, unité ADE de Tizi-Ouzou et de la station de Maâtkas) en cette seconde entrevue. Mais qui pourrait vous garantir qu’il n’y aura pas, pendant ce temps, de coupures de courant, d'éclatement ou autres pannes dans le réseau ? s’interrogent, à leur tour, ces responsables. Le directeur de l’hydraulique a également signalé les difficultés non seulement dans la réparation du réseau qui enregistre de fréquentes pannes, mais surtout leur contrainte à fixer un agent au niveau du forage de Bouaïd pour faire constamment redémarrer les pompes à chaque coupure d’électricité, ajoutez à cela l’insuffisance d’un seul antibélier — le second a été saboté par des terroristes il y a belle lurette —, un dispositif qui n’existe pas dans notre pays (importé), permettant d’amortir les ondes de choc que provoquaient les brusques variations de pression d’eau dans les canalisations, au moment justement de ces pannes électriques. Les villageois ont indiqué avoir eu maintes fois à intervenir, même de nuit, pour aviser les responsables concernés, qui ne seraient pas, ou rarement disponibles, excepté ceux de la station de Maâtkas que souvent le problème dépasse. Pour ce faire, les coordonnées de chaque service et de leurs responsables ont été communiquées à ces villageois, en présence de l’administrateur de l’APC de Tirmitine — il n’y a pas eu d’élections locales en octobre 2002 dans cette commune —, pour leur permettre éventuellement de les saisir immédiatement en vue d’intervenir, dans la mesure du possible, et, au besoin, d’aviser la daïra à l’avance pour être reçus. Par ailleurs, une remarque a été faite par le chef de daïra à l’endroit d’un jeune villageois sur l’emploi du terme “revendication” dans une liste de doléances présentée, même s’il a été apprécié par le même responsable pour ses bonnes propositions. “Evitez ce mot à l’avenir, car si je vous ai reçus et accordé un traitement de faveur, c’est parce que vous n’avez pas de P/APC, d’où mon devoir et ma volonté de faire le maximum pour vous aider à trouver une solution.” Ledit jeune ne s’en est pas moins excusé. Pour lui, ce n’est que par habitude de son fréquent emploi dans les rédactions avec les étudiants du temps de son cursus universitaire que ce mot a été utilisé. Le premier responsable de la circonscription, son secrétaire général et tous les responsables présents, ont pris acte des doléances ayant trait à l’AEP touchant particulièrement le village Megdoul et à un degré moindre ses voisins d’Ibahlal et d’Izerrouden. Sans pouvoir fixer le moindre délai ou date dont il a “horreur” d’ailleurs, M. Kabli a affirmé qu’une étude “se poursuit actuellement pour l’alimentation de ce village à partir de la sonde de Oued Bougdoura, comme le désirent les habitants du village Megdoul. Si ces études ne concluent pas à la nécessité d’adjoindre une station de refoulement au milieu du réseau qui sera construit, j’affirme devant vous ma conviction que d’ici à l’été prochain, ce problème ne sera qu’un mauvais souvenir pour nous tous, mais je le redis encore, dans le cas contraire, ça prendra du temps...”, a encore avancé le chef de la daïra de Draâ Ben Khedda. Pour rappel, lors de la rencontre de la semaine dernière, un des villageois, “regrettant le recours à pareille action pour accéder à un droit des plus élémentaires”, dira que “si c’était un problème d’électricité, je vous assure que je me serais contenté de l’achat de bougies et patienter, au lieu de tant de bruit ; ceci pour vous dire que ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons opté pour nous regrouper au siège de la daïra ; mais nous laisser sans eau été comme hiver ?...” Par ailleurs, l’ADE qui a été moult fois, depuis des années déjà, victime de vols d’au moins une dizaine de pompes de refoulement au niveau des stations de son réseau d’alimentation, compte un réservoir de 500 m3 pour l’alimentation de cette circonscription, ainsi que deux puits, l’un de 200 m3 et un autre de 75 m3 pour le réseau alimentant Izerrouden, Aïn Faci, Tadmaït, Sidi Naâmane...
Salah Md-Saïd



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