Actualités : CONFLIT BENACHENHOU-OUYAHIA
Le RND fait de la résistance


Le Rassemblement national démocratique (RND) s’est vu contraint d'intercéder dans le conflit qui oppose Benachenhou au chef du gouvernement. En faisant une mise au point en bonne et due forme à l’argentier du pays, la formation de Ouyahia ne fait que confirmer le malaise qui règne au sein de l’exécutif et entre ainsi en dissidence. L’idée de la “concorde” et de l’alliance autour du projet du président de la République n’aura pas survécu aux divergences profondes qui divisent les membres du gouvernement.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Les prémices de ce profond désaccord avaient été pressenties lors de la présentation du projet de loi de finances 2005. L’hémicycle avait été le théâtre d’une farouche résistance à certains articles, fer de lance de la politique de Benachenhou. Les observateurs avaient alors pu constater qu’en dépit d’une large majorité au Parlement, le ministre des Finances a eu des difficultés à faire passer le texte dans sa mouture première. Les augmentations des prix de plusieurs produits de large consommation avaient soulevé un tollé de protestations. Après moult modifications, la loi de finances a finalement été adoptée sans que la décision d’augmenter le prix du carburant soit entérinée, idem pour l’interdiction d’importation des boissons alcoolisées. L’interdiction de l’importation de véhicules de moins de trois ans avait également été au centre d’une vive polémique avant d’être supprimée et que le chef de l’Etat ne soit dans l’obligation de se prononcer sur la question. Ces signes avant-coureurs ont finalement été confirmés par les récentes déclarations de Benachenhou et des responsables du RND qui n’ont certainement pas pris d’initiative sans recevoir l’aval du chef du gouvernement. C’est Benachenhou qui avait à partir de Tlemcen ouvert les hostilités. En faisant un exposé au sujet des dispositions de la loi de finances 2005, le ministre des Finances a répondu à ses détracteurs qui lui reprochaient sa politique financière et sa tendance à prôner des restrictions budgétaires et à promouvoir des mesures jugées antisociales. Premiers à se plaindre, les responsables de certains départements ministériels qui se sont vu imposer une politique rigoureuse. Sortant de sa réserve, il affirmera : “J’ai demandé un arbitrage rapide au chef du gouvernement pour savoir qui fait quoi, qui décide. Il faut mettre de l’ordre dans le processus budgétaire. Le ministère des Finances ne se laissera pas faire. J’ai 60 ans, et jamais je n’accepterai d’être un bouc émissaire, personne ne pourra m’endosser quoi que ce soit.” Avant d’ajouter : “Tout le monde dit que je ne veux pas donner de l’argent. Moi, je demande d’abord la clarification du processus budgétaire. Il faut qu’on mette de l’ordre.” Benachenhou poursuivra en déclarant : “Nous n’en sommes pas responsables. Trente grands projets à l’échelle nationale qui valent 100 milliards de dinars n’ont pas encore démarré. Ce n’est pas de notre faute. Que chacun prenne ses responsabilités. Il n’ y aura pas de projets pour ceux qui n’ont pas lancé les leurs. Tout le monde nous demande de l’argent prétextant qu’il a des priorités, mais qui est habilité à tracer les priorités d’un secteur ou d’un autre ?” Une sortie médiatique qui n’a pas été du goût du Rassemblement démocratique qui, via Harchaoui, ancien ministre des Finances, a fait remarquer que “le débat économique porte actuellement sur l’embellie financière du pays alors qu’il y a toujours absence d’un véritable développement. Il y a eu amélioration des équilibres macro-économiques nationaux et une stabilité financière qui protège l’Algérie de toute perturbation et tension. Cependant, nous nous interrogeons : pourquoi le pays n’arrive pas à démarrer ?” Et d’ajouter : “Chaque premier responsable d’un ministère doit élaborer sa propre politique, ses objectifs et les projets de croissance à réaliser. C’est de cette façon que l’on arrivera à faire décoller le pays et à le gérer d’une manière rationnelle.” Une vision diamétralement opposée à celle du ministre des Finances qui prône la centralisation des pouvoirs via une politique générale chapeautée exclusivement par son département. N. I.

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