Panorama : SORTIE DU DERNIER ALBUM DE LOUNIS AIT MENGUELLET
“Il n’y a rien de nouveau sous le soleil”


Resté en marge de la production artistique depuis bientôt trois ans, bien qu’il ait été tout le temps présent durant l’année dernière sur la scène musicale avec ses nombreux concerts animés ici en Algérie ou en France, Lounis Aït Menguellet revient avec un nouvel album, “yenna-d wemghar” (le vieux a dit) produit par “Izempro Alger”.
Un nouvel opus composé de six chansons dont la totalité des arrangements est assurée par son fils Djaffar avec beaucoup de musiciens connus sur la scène musicale locale, comme Salem Kerrouche et Halit. Côté musical, le chanteur rompt avec la sobriété coutumière de ses enregistrements. Il a introduit, à l’instar du dernier album “inasan”, produit en 2001, beaucoup de sons avec des arrangements plus luxuriants. Deux chansons dans le genre “chaâbi” font également partie de ce nouveau décor musical, où banjo, qanoun, percussion et autre flûte ornent avec justesse et respect les mélodies connues du chanteur, au service des textes d’une grande qualité poétique décrivant la thématique du “sage” d’Ighil Bwammas. L’une de ses chansons est même précédée d’un “istikhbar” chantée souvent en live avec la chanson “dir iyi”, extraite de l’album “inasen”. “yenna Imenna”, Da Idir (Da Ferhat à l’origine), “assendu n’wman”, “cna tajmilt”, inid a y amghar” et “yenne-d wemghar”, composent les six tubes de ce nouvel opus décrivant les sujets les plus cruciaux que vit notre société. Le poète n’a rien apporté de nouveau en matière de thématique. Le diagnostic est le même. Lounis a toujours gardé un œil lucide sur l’évolution de la société en général, et quelle évolution, puisque les maux tournent toujours autour de nous sans arriver à les guérir. Et dans presque toutes les chansons, le visionnaire montre encore que les rêves sont toujours permis, avec sa grande philosophie. Tout en restant sensible, il n’a pas manqué, aussi, de débiter certaines vérités pas toujours bonnes à collectionner sur “sa” société. Quand on tourne en rond, quand on n’a rien à proposer, quand on chante même les morts, mais un arrière- fond assez tendancieux, quelle thérapie que pourra prescrire le sage pour éradiquer les maux. Alors il ne reste que des désillusions et beaucoup d’amertumes. Paradoxal, qu’il soit, ce nouvel album, autant il est une image d’espoir, autant le chanteur y trouve une opportunité pour pérorer sur cette icône sur fond d’une trame où le pessimisme est débordant. Après la sortie nationale de cet album prévue pour ce lundi 17 janvier, Aït Menguellet prévoit de se produire en concert le 03 février prochain à la Coupole (cité olympique), à Alger. J. L. Hassani

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