Lundi 24 Janvier 2005
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Actualités : MESURES AU PROFIT DES ENSEIGNANTS UNIVERSITAIRES
Des primes de plus de 100 000 DA


Prime d’encouragement de 100 000 DA, congés scientifiques et primes de plus de 110 000 DA pour les enseignants, voilà en somme les importantes mesures au profit du corps enseignant annoncées, hier, par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, lors de la conférence nationale des universités.
Cette rencontre qui a vu la participation de tous les acteurs et principaux dirigeants de la communauté universitaire a été aussi l’occasion de divulguer le nouveau programme quinquennal. Des mesures qui entreront en vigueur dès la prochaine rentrée universitaire.

Meriem Ouyahia - Alger (Le Soir) - «Il a été institué un nouveau décret promulguant une prime d’encouragement conséquente au bénéfice des professeurs de l’enseignement supérieur et des maîtres de conférences assurant l’encadrement du doctorat, dont le montant est fixé à 100 000 DA pour chaque thèse de doctorat soutenue dans les délais réglementaires», a annoncé le premier responsable de ce secteur. Une prime, a-t-il signalé, qui n’est pas exclusive du bénéfice de la prime d’encadrement des travaux universitaires restant en vigueur. Une décision qui a un double impact : permettre aux maîtres-assistants de soutenir leur thèse dans les délais impartis et donc de bénéficier d’une promotion rapide en consolidant les efforts des enseignants encadreurs. Cette mesure à elle seule permettra, d’ici 2009, la soutenance de près de 2 600 thèses de doctorat. En parallèle, un arrêté interministériel organisant le bénéfice des congés scientifiques au profit des professeurs et maîtres de conférences est paru. Ceci, tout en fixant les montants des primes qui leur sont allouées dans ce cadre. «Cette mesure signifie que tout professeur et maître de conférences peut, conformément au mécanisme qui sera institué à cet effet, en concertation avec les responsables concernés, bénéficier d’un congé scientifique qui peut aller jusqu’à une année universitaire auprès d’une grande université étrangère dans le but d’actualiser ses connaissances et d’acquérir de nouvelles compétences, qui auront sans conteste leur impact positif, sur le rendement pédagogique et scientifique de l’enseignant à son retour», a explicité le ministre. Il est à préciser que les enseignants concernés par cette formule conservent durant leur congé scientifique leur traitement au niveau de leur établissement d’origine et dispose en plus d’une prime mensuelle de 130 000 DA pour les professeurs et de 110 000 DA pour les maîtres de conférences, ce qui équivaut à près de 1 700 dollars mensuels pour la première catégorie et 1 400 dollars pour la seconde. Les maîtres-assistants en phase de finalisation de leur thèse ne sont pas en reste. Un programme exceptionnel qui s’étale sur cinq ans a été mis en place par le ministère à leur profit. Il comporte la mise à la disposition de ce corps de 400 bourses nationales de formation à l’étranger annuellement, dont la durée varie entre une et trois années, auxquelles viennent s’ajouter 120 bourses de coopération par année. Dans la même logique, les enseignants admis à cette formation gardent le bénéfice durant leur détachement de leur traitement mensuel au sein de l’établissement et dispose, en outre, d’une bourse mensuelle évaluée à près de 84 500 DA équivalent à 860 euros. Il est à rappeler que des mesures ont été déjà prises auparavant au profit du corps enseignant. Il s’agit, entre autres, du déplafonnement des heures complémentaires hebdomadaires autorisées à titre d’encouragement des enseignants universitaires et la réorganisation des carrières professionnelles par la promotion des enseignants titulaires d’un doctorat d’Etat au grade de maître de conférences sans passer par la Commission universitaire nationale (CUN).
M. O.

Les mécanismes arrêtés lors des conférences régionales
La mise en œuvre des mesures annoncées et leurs critères seront finalisés lors des trois conférences régionales. C’est ce qu’a précisé le Pr Rachid Harraoubia qui a souligné qu’elles devront se réunir prochainement. «Ces conférences devront veiller à associer les doyens des facultés, les directeurs d’institut et d’école ainsi que les présidents des conseils scientifiques de ces établissements, dans la mise au point des objectifs de ces mesures.» Des objectifs qui peuvent se résumer en la dynamisation de la post-graduation afin d’augmenter son rendement, la création et la généralisation des écoles doctorales, la révision du mode de sélection des étudiants titulaires d’un diplôme de graduation, candidats à une bourse de formation à l’étranger de longue durée par l’organisation d’un concours transparent et crédible.
M. O.

Prime journalière de stage pour les étudiants
Les travaux pratiques dans la formation universitaire seront valorisés et renforcés. Une démarche nécessaire pour tous les universitaires qui se retrouvent en déphasage avec la réalité du marché de l’emploi. Pour pallier ce manque, le ministère a consacré au titre du seul budget d’équipement une enveloppe financière annuelle de 1,5 milliard de dinars. Dans le même ordre d’idées, ce département a élaboré un projet de texte comportant un dispositif juridique d’organisation des stages pratiques en milieu professionnel au profit des étudiants, dispositif qui prévoit la révision à la hausse de la prime journalière de stage.
M. O.

«Les franchises universitaires n’ont pas été violées»
«Les franchises universitaires n’ont pas été violées lors des évènements qu’a connus la Faculté des sciences politiques et de l’information», telle a été la réponse du ministre de l’Enseignement supérieur à ce sujet. Et d’enchaîner : «Le recteur s’est retrouvé devant un dilemme entre préserver la sécurité des étudiants ou recourir à la force publique.» Concernant la décision du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) de faire une grève générale le 7 février prochain, contre la violation des franchises universitaires, le Pr. Harraoubia dira : «Je respecte toutes les organisations syndicales et je n’ai pas l’habitude de m’immiscer dans leurs affaires. Je répète qu’il n’y a pas eu de violation des franchises universitaires.» Il ajoutera dans ce cadre : «La préservation des franchises universitaires et de leur inviolabilité sont parmi les devoirs impérieux de toutes composantes de la communauté universitaire et il est du devoir de tous de s’en remettre au dialogue dans le respect des règlements intérieurs des établissements et des lois de la République.» Et d’ajouter : «Et si nous croyons profondément à la nécessité de la concertation et du dialogue avec toutes les composantes de la famille universitaire et de ses représentants à tous les niveaux pour la prise en charge des revendications légitimes, nous réitérons notre ferme volonté d’appliquer la loi pour protéger l’université.» Il notera, toutefois, «le manque d’écoute de la part de certains gestionnaires, même si leur nombre est infime, des préoccupations des étudiants et des enseignants et leur prise en charge.»
M. O.

 

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