Prison d’El-Harrach. Dimanche. 16h00. Des femmes assises à même le trottoir font face à l’entrée de la maison d’arrêt. Des hommes, des adolescents accoudés aux garde-fous dressés par les agents de l’ordre ont les yeux rivés sur le grand portail. Ils guettent, le cœur serré, le visage pâle, la libération d’un des leurs. Un jeune homme longiligne, à la figure juvénile, vêtu d’une veste en toile bleue, d’un survêtement gris, chaussé de mules en plastique, franchit le seuil de la grille. Il est tout à coup pris d’assaut par des adolescents qui, comme un éclair, traversent la chaussée et l’assaillit de questions. “Alors, Untel va être libéré ? Tu dois le connaître”. Les yeux hagards, le regard absent, il semble atterrir sur une autre planète. “Je ne sais pas”, répond-il. Suite...