Culture : COUP DE CŒUR
“IMPACTS” DE NADJIB STAMBOULI AUX EDITIONS MARSA (2004)
Des chroniques conjuguées à tous les temps


Une compilation de chroniques, le fruit de plusieurs années d’écriture qui n’ont altéré ni l’humour caustique ni la perspicacité : voilà ce qu’offre Nadjib Stambouli, journaliste et homme de théâtre, à son lectorat. Impacts— au pluriel pour la précision — c’est ainsi qu’il a intitulé son recueil qui brasse large. Plus qu’une autopsie de l’actualité, les chroniques sont une mine d’informations.
On y apprend que Cheikh El Kbati, grand muphti d’Alger, en 1880, était également parolier, qu’un enregistrement inédit d’El Anka a été saboté à El Mouggar et que Mahboub Stambouli est l’auteur de Min Djibalina. Le tout enrobé tantôt de bonne humeur, tantôt d’un ton grave mais jamais moralisateur. Si l’auteur sait beaucoup de choses sur Meriem Fekkai, Rouiched ou Kateb Yacine, il n’est pas exclusivement tourné vers le passé. La preuve, il n’ignore rien de l’actualité des L5, de Shakira ou de pop star… Jugez-en : “Pour la petite histoire, la seule rescapée des deux livraisons de pop star est Chimène Badi qui avait été éliminée puis récupérée par un producteur membre du jury.” Passant allégrement des sujets dits légers à d’autres taxés de sérieux, il écrit par exemple : “Les compétences ne manquent que dans l’esprit de ceux qui ne les recherchent pas, sachant qu’en matière de chercheurs de tête, des chercheurs qui cherchent, on en trouve et des chercheurs qui trouvent, on en cherche.” Du coup, son recueil n’est pas une relique d’antan mais un regard lucide. Et si, en dépit du temps qui passe, ses écrits semblent toujours d’actualité, c’est que, dit-il, “ce n’est pas parce que le style de l’auteur dépasse les conjonctures, mais parce que, malheureusement, les mêmes problèmes et les mêmes crises sont périodiquement réédités, le cours du temps ne faisant que raviver leur acuité”. Et il suffit de parcourir le recueil pour s’en convaincre : secteur de l’éducation en ébullition, hôpitaux se rapprochant des mouroirs, culture délaissée, autant de thèmes récurrents mais que l’auteur, humour aidant, a su mettre au goût du jour. Si les textes passent au crible le quotidien, ils dévoilent également une partie — mais seulement une infime — du parcours de l’auteur : son amitié avec Kateb, son passage à Ruptures dirigée par Tahar Djaout… Mais Stambouli ose à peine parler de lui ; trop modeste, il préfère mettre en avant les autres : des géants de la culture algérienne, des hommes qui ont marqué leur époque et bien au-delà. C’est de ceux-là qu’il parle mais également de ces gens simples qui font le quotidien. L’enseignant, le médecin, le musicien sont les héros de ses chroniques publiées à l’époque — pas très lointaine — où l’auteur occupait le poste de directeur de la rédaction du Jour d’Algérie.
Nawal Imès
Impactsde Nadjib Stambouli, aux éditions
Marsa (2004)

 

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