Dans une conférence-débat tenue hier au centre de presse d’El Moudjahid, le représentant de l’Association nationale des aveugles, a passé en revue la situation sociale de cette frange de la population. Une situation qui, a-t-il précisé, ne cesse de se dégrader “notamment depuis cette dernière décennie”. Créée le 24 mars 1963, l’organisation après des débuts glorieux, où la politique de l’Etat de l’époque œuvrait pour la prise en charge économique et sociale des handicapés en général, les aveugles en particulier, a sombré dans le chaos. “Depuis les années 1990, les aveugles ont connu une marginalisation sans pareille. L’ouverture du marché aidant, ils n’ont plus de place dans le monde du travail. A ce titre, sur les 220 000 aveugles recensés par notre association, 0,01% ouvre droit à un emploi dans le secteur public, le chiffre des 5% prévu par la loi est loin. Quant au secteur privé, nous sommes carrément absents”, notera M. Lafi Ameur, membre du bureau national. Un chiffre dérisoire qui illustre à plus d’un titre l’abandon de cette catégorie de personnes par l’Etat. Au plan social, notre interlocuteur déplore le fait qu’ils continuent de souffrir d’autres embûches qui ne leur facilitent guère la vie. “Jadis, nous bénéficions de la gratuité des transports, nos écoles bénéficiaient de moyens didactiques qui étaient adéquats avec les techniques de l’époque. Aujourd’hui, les élèves travaillent avec des équipements archaïques. Quant à l’accès à l’emploi, la ségrégation est flagrante”. Somme toute, la politique pour la protection des droits des aveugles, a été plutôt ignorée.” Il insistera par ailleurs sur la pension versée par le ministère de la Solidarité aux aveugles, qu’il considère de “dérisoire”. “En fait, il est important de comprendre d’abord, le sens réel d’une pension. Cette dernière est un droit à l’aveugle que nul ne peut lui ôter. Or, nous constatons que par pension, on entend plutôt aide, l’Etat dans son esprit nous octroie une aide de 1000 DA dont les bénéficiaires sont des chômeurs. Le droit à cette pension, faut-il le préciser, concerne aussi bien ceux qui travaillent que les sans-emplois”. Face à cette situation de plus en plus déplorable des non-voyants, l’association lance un appel aux plus hautes instances afin de se pencher d’une manière effective et définitive sur les problèmes qu’ils vivent. A cet effet, elle rappelle la lettre du président de la République lors de la Journée mondiale des handicapés dans laquelle il a reconnu, “les potentialités illimitées de cette catégorie de la population et le respect de leurs droits et la nécessité de l’adaptation des textes aux nouvelles données économiques et sociales”. Une lettre qui, rappelle le représentant de l’association, est une plateforme pour le règlement de nos doléances.” M. Lafi, s’interroge enfin, “le premier magistrat, reconnaît officiellement nos droits et a donné instruction pour qu’ils soient appliqués, l’on se demande aujourd’hui pourquoi le reste des structures officielles du pays ne suivent pas ? R. S.
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