Le P-DG de la Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN Group), M. Koudil est sous mandat de dépôt. Incarcéré à la prison d’El-Harrach, il est accusé “de non-assistance à personne en danger et exposition à la détérioration du navire” pour le naufrage du Béchar et l’échouage du Batna. Meriem Ouyahia - Alger (Le Soir) - Quatre autres directeurs sont aussi
poursuivis pour les mêmes chefs d’inculpation. Il s’agit du directeur de
l’armement, du directeur technique, du super-intendant et du commandant du
navire le Batna. Cinq autres responsables et marins ont été placés sous
contrôle judiciaire et douze autres ont été laissés en liberté provisoire.
Le verdict est tombé très tôt le matin, à 3 h 30, après une longue journée
d’instruction. C’est en se basant sur les résultats de l’enquête de la
Gendarmerie nationale que le juge d’instruction a pris cette décision. Une
mesure exceptionnelle qui a pour but de préserver l’enquête. Le parquet
d’Alger a ordonné au lendemain du naufrage du Béchar et l’échouage de Batna,
survenus dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 novembre dernier,
l’ouverture d’une information judiciaire sur les circonstances de ce drame.
Confiée donc à la Gendarmerie nationale, après deux mois d’enquête et
d’audition du personnel administratif, technique, juridique et nautique
appartenant à la CNAN, l’Epal, aux gardes-côtes et à la capitainerie, les
résultats de l’enquête ont abouti chez le procureur général près la cour
d’Alger il y a quelques jours. Même si les résultats de ces investigations
étaient prévisibles, il reste que la décision du juge d’instruction a
surpris plus d’un. Les inculpations ont été décrétées sur la base de
l’article 479 paragraphes 1 et 4 du code maritime. Ils risquent des amendes
ou des peines de réclusion qui peuvent aller jusqu’à 10 ans
d’emprisonnement. Le P-DG de l’EPAL, M. Ferrah, un colonel et un commandant
des gardes-côtess auraient été également convoqués hier pour être entendus
au tribunal d’Alger par le juge d’instruction. Il est à rappeler que le PDG
de la CNAN avait, quelques jours après le drame, pointé un doigt accusateur
vers le commandant du navire lors de son passage sur les ondes de la chaîne
III. M. Koudil avait déclaré que le commandant n’a informé la capitainerie
qu’après avoir perdu le contrôle de son navire. Ceci, en écartant toute
relation avec la vétusté des navires. Dans leurs précédentes déclarations,
plusieurs commandants avaient catégoriquement démenti ces informations. “Ce
sont des tombeaux flottants !” ont-ils affirmé. Et d’ajouter : “Les deux
navires étaient en rade depuis plusieurs mois. Le Batna n’a pas coulé car il
a chaviré vers le sable. Son équipage aurait pu connaître le même sort que
celui du Bécharqui a heurté la jetée de Kheir- Eddine”. D’un équipage
composé de dix-huit membres, seuls deux d’entre eux ont eu la vie sauve lors
de cette fatidique nuit. Et ce, en se jetant à la mer dès les premières
heures de la tempête. Les autres attendaient patiemment l’arrivée des
secours promis. Résultat : douze corps inanimés dont un retrouvé sans tête
et quatre autres portés disparus. Il est à noter que le ministère des
Transports avait, quant à lui, annoncé l’installation d’une commission
d’enquête administrative qui, à ce jour, n’a pas livré ses conclusions.
Selon le procureur général, M. Kaddour Barradja, cette démarche n’est qu’une
“mesure normale”. Et d’ajouter : “Le juge continuera maintenant son
instruction jusqu’à finalisation du dossier qui concerne tout le port”. On
retiendra la dernière phrase du commandant du Béchar avant de disparaître,
quand il a compris que les secours ne viendront jamais : “ Nouakkel alikoum
Rabi” (Dieu me rendra justice). Y a-t-il réellement une justice en ce bas
monde ?
M. O.
Nous avons appris que le R/R Tablat qui était en arrêt technique depuis
plusieurs mois pour réparation a fait la traversée Marseille- Alger en 48
heures. Une traversée qui aurait dû se faire en moins de 24 heures. Selon
nos informations, «c’est parce qu’il était en perdition pendant au moins 14
heures et ce, suite à une panne”. Et dire que la réparation, à elle seule, a
coûté 4 millions de dollars.
M. O.
Nombre de lectures : 2868
|