Algérie Télecom, qui détient au moins 7,2 milliards de créances auprès des services publics, a fait savoir hier qu’elle venait d’engager une entreprise spécialisée qui devra, dans un premier temps, tenter de récupérer les sommes après négociations avant d’intenter des actions en justice. Une opération qui permettra à l’entreprise de tenter d’atteindre un semblant d’équilibre financier surtout que ses dettes atteignent les 33 milliards de dinars. Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Algérie Télécom, dont l’ouverture du capital est prévue pour fin 2005, est en phase de choisir la banque conseil qui l’accompagnera dans un processus qui pourrait durer plus de 18 mois. Son P-DG qui était hier l’invité du forum d’ El Moudjahid y voit une opportunité pour le redéploiement de l’entreprise qui pourra, à ses dires, tirer profit du savoir-faire de ses nouveaux partenaires. En attendant que cette opération soit finalisée, AT compte lancer un emprunt obligataire sur cinq ans avec un taux d’intérêt de 3,2% avec comme objectif “répondre au programme d’investissement tracé”. Dans le même ordre d’idées, AT créera une quatrième filiale qui sera chargée de gérer ses ressources informatiques. Interpellé au sujet de la position de Mobilis, le P-DG d’AT a tenu à rappeler le contexte “difficile” dans lequel cette entreprise issue de la restructuration a vu le jour. “Dans tous les pays du monde, on procède d’abord à la réforme de l‘opérateur historique avant d’ouvrir le marché”, déplorant que les textes de la création d’Algérie Télecom qui ont prévu sa création ne sont entrés en vigueur qu’en 2001. “Nous avons dû former, recruter et affronter la concurrence en même temps”, at- il expliqué. L’ADSL, un produit proposé par Algérie Télecom, a été également au centre du débat. Interrogé au sujet d’une situation que certains assimilent à un monopole qui ne dit pas son nom, M. Ouarets a dû revenir sur l’historique de la convention qui le lie à l’EEPAD, seul distributeur pour l’heure de cette offre. “Nous n’avons pas privilégié l’EEPAD. Toutes les entreprises répondant aux critères mis en place par AT peuvent bénéficier de la même convention”, a expliqué le P-DG d’Algérie Télecom avant d’ajouter que “peu importe qui commercialise ce produit, pourvu que ce dernier soit développé. Nous mettons à la disposition de nos partenaires notre réseau et nous récupérons 70% du chiffre d’affaires”. Pour démontrer les retombées positives de cette opération, le PDG d’AT a fait savoir que le coût d’une ligne ADSL vient de passer de 1900 DA à 1600 DA grâce à l’offre du chinois Huwaei. La distribution des factures de téléphone, point faible d’Algérie Télecom, a également été au menu. M. Ouarets, tout en reconnaissant les nombreux retards enregistrés, a fait savoir que son entreprise venait de signer cinq conventions avec Algérie Poste pour la sécurisation de l’acheminement des factures. Ces dernières bénéficieront désormais du même traitement qu’un colis EMS ou d’une lettre recommandée. Le client devra alors signer un accusé de réception, ce qui le mettra à l’abri des coupures de lignes souvent dues au non-acheminement des factures. N. I.
Nombre de lectures : 877
|