Le poste de président du FLN sera une exclusivité réservée à Abdelaziz Bouteflika, a annoncé, hier, Boualem Bessaieh, porte-parole du 8e congrès “bis” de ce parti, lors d’une conférence de presse tenue en marge de la deuxième journée de ces assises. Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Boualem Bessaieh tiendra cependant à préciser que le chef de l’Etat n’a aucunement présenté sa candidature à la plus haute instance du FLN, une nouveauté inscrite dans le projet de statut de cette formation. “Les congressistes, mais aussi de nombreux militants ont exhorté Abdelaziz Bouteflika à accepter ce poste. Nous possédons des documents qui le prouvent. Je tiens cependant à préciser, et c’est mon avis personnel, que ce titre de président ne saurait être honorifique, mais sera permanent. Le fait que Abdelaziz Bouteflika puisse disposer d’une double casquette n’est pas si mauvais que cela, bien au contraire”, affirmera le porte-parole du 8e congrès “bis”. Nombre de journalistes soulèveront la possibilité d’un refus de Abdelaziz Bouteflika à occuper cette fonction. Réponse de Bessaieh : “Eh bien, je peux vous dire sans risque de me tromper que ce poste restera vacant. C’est en tout cas mon idée et j’ai peu de chances de me tromper”, insistera-t-il. Quant à savoir si le président de la République assistera aujourd’hui à la cérémonie de clôture du 8e congrès et par là même à son sacre à la tête du parti, le conférencier avouera n’avoir aucune information à ce sujet. “Le président de la République est actuellement à Abuja, je ne pourrai donc rien dire à ce sujet.” Boualem Bessaieh est cependant convaincu d’une chose : le poste de secrétaire général du FLN reviendra sans nul doute à Abdelaziz Belkhadem. “Je ne connais qu’un seul candidat à ce poste, c’est bien évidemment Belkhadem. Il bénéficie d’un large consensus au sein du parti.” Le porte-parole du congrès reviendra également sur le scandale des «indus congressistes”, démasqués par la commission de validation des mandats présidée par Saïd Barkat. “Cette commission a étudié le cas des 3310 participants au congrès. Ce à quoi il s’est avéré que 348 participants n’avaient pas la qualité de congressistes.” Ainsi, plus de 10% de faux militants FLN — la plupart étant de vrais militants d’autres formations, du RND notamment — ont réussi à s’infiltrer dans un congrès aussi important pour une formation qui peine à se relever d’une crise qui la secoue depuis près de deux années. Mais cela ne semble pas ennuyer les responsables du FLN puisque Bessaieh affirmera qu’aucune poursuite judiciaire ne sera intentée contre ces personnes qui se sont rendues coupables d’usurpation de qualité et même de faux et d’usage de faux. En grand seigneur, il lancera : “Il serait aberrant de poursuivre ces personnes en justice alors que nous tenons actuellement une rencontre basée sur la réconciliation. La pire des sanctions reste leur exclusion.” Le congrès serait, selon lui, victime de “l’engouement et de l’élan de réconciliation entre deux ailes du parti”. Boualem Bessaieh se fera toutefois très discret sur le coût total de cet événement, d’autant que les comptes du parti ont été gelés par la justice. “Les militants ont participé financièrement afin qu’il puisse se tenir, cela prouve d’ailleurs la bonne santé du parti.” Une journaliste prendra au dépourvu le porte-parole du congrès en le questionnant sur l’important dispositif sécuritaire déployé autour des lieux de cette rencontre, ce qui pourrait laisser supposer que ces derniers ont pris part activement à son organisation. “Les services de sécurité interviennent dans les congrès de toutes les formations politiques, cela n’est pas valable uniquement pour le FLN”, répondra, quelque peu embarrassé, Boualem Bessaieh. T. H.
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