Mardi 01 Février 2005
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MAIS OU EST DONC PASSE AZRAYEN ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“8e congrès du FLN. Selon des sources proches du Conseil de
la révolution, on s’achemine vers un oui massif au référendum sur
la révolution agraire, ainsi que l’adoption à l’unanimité de l’avant-projet
de texte portant charte nationale.”

Tant qu’on y est !

C’est un groupe de citoyens. Ils ne prétendent pas représenter ou parler au nom de tout leur village, Taderth-Oufella, niché quelque part dans un recoin de la daïra de Tizi-Rached. Non ! Ils ne s’affublent que du générique plus humble de “groupe de citoyens”. Et que disent ces habitants d’un village dont mon inculture ne soupçonnait même pas l’existence jusque-là ? Que la neige, le froid et l’imbécillité des humains dotés d’une once de responsabilité viennent de couper leur patelin du reste du monde. Que les vivres se font de plus en plus rares. Que les dernières gouttes de mazout s’évaporent à l’allure grand V. Que des malades souffrent de plus en plus de ne pouvoir être examinés à temps par des médecins. Que malgré le courage de ces habitants qui ont tout de même réussi à dégager à mains nues un accès au village, un chemin praticable à pied, les mêmes toubibs contactés ont refusé d’user leurs semelles sur la poudreuse. Et que, et que, et que, et que… Par-dessus tout, ce groupe d’habitants de Taderth- Oufella ne comprend pas ! N’arrive pas à résoudre une énigme : comment le pouvoir central d’Alger arrive à envoyer avec une célérité phénoménale les “fameux” engins de déblayage et de matage d’émeutes, les “Azrayen” et à les faire se ruer sur des manifestants armés de pierres et de colère alors qu’il “peine” aujourd’hui à ordonner aux mêmes engins de mort de faire route vers les mêmes régions de Kabylie pour dégager pacifiquement des routes obstruées par la neige et redonner la vie. L’habitude, peut-être. Les réflexes pavloviens, peut-être aussi. Un “Azrayen”, ça dégage des pneus enflammés, ça fait voler en éclats une barricade de fortune érigée par des gosses et ça écrase accessoirement les corps frêles d’un ou deux de ces manifestants ados, mais ça n’est surtout pas fait pour dégager de la neige et rendre une route praticable. Mais comme le résume si bien ce groupe de citoyens de Taderth-Oufella, qu’importe le passé sanglant des “Azrayen”, envoyez-les-nous vite aujourd’hui. Pour le reste, A DYEFEK REBI A YEN ILHEN A YEN N’DIR N’ZEMERAS. Ce qui, traduit pour des gens qui ne maîtriseraient pas l’une de leurs deux langues nationales, voudrait dire à peu près ceci : “Que Dieu nous donne quelque chose de bon, parce que le malheur, nous en avons pris l’habitude.” Voilà de petites gens, des quidams juste manipulés par leur mal-vie et qui ont ce réflexe citoyen d’implorer qu’on leur envoie des engins de déblayage, qu’on ne les oublie pas, qu’ils n’ont nulle envie d’investir la rue, de brûler des pneus et des APC et qu’ils sont même prêts à accueillir à bras ouverts les infâmes “Azrayen”. Qui les entendra par ce temps de chiens où même les flocons de neige en s’abattant sur nos têtes le font avec un malin silence ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.

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