Culture : 11e MAGHREB DES LIVRES, LES 5 et 6 FEVRIER A PARIS
UN WEEK-END MAGHREBIN


200 auteurs maghrébins, 4 500 ouvrages sur le Maghreb et beaucoup de débats.

De notre correspondante à Paris : K. Baba-Ahmed
L e Maghreb des livres qui se tient tous les ans dans les salons de l’hôtel de ville de Paris ouvre les portes de sa 11e édition les samedi 5 et dimanche 6 février. C’est la Tunisie qui est à l’honneur cette année, l’Algérie ayant été au cœur de la manifestation lors de la 10e édition et le Maroc une année auparavant. Cette manifestation, devenue un rendez-vous incontournable de tous les amis du Maghreb, de ses cultures et particulièrement de sa littérature, a été initié, il y a plus de dix ans, par l’association franco-maghrébine Coup de Soleil animée par Georges Morin et rassemblant “tous ceux qui se sentent une affinité avec le Maghreb et ses cultures”. Le Maghreb des livres de cette année mettra en vente plus de 4500 livres (romans, essais, bandes dessinées, livres d’art) et offrira aux visiteurs la possibilité de rencontrer plus de 200 auteurs qui se succéderont pendant les deux jours, pour rencontrer les lecteurs et dédicacer leurs ouvrages. Mais ce grand rassemblement littéraire est aussi l’occasion de rencontres, d’échanges, de débats et d’expositions. Ainsi, l’historien algérien Hassen Rémaoun, son homologue marocain Brahim Boutaleb et le Tunisien Raouf Hamza animeront samedi une table ronde qui portera sur “1954 : la France et le Maghreb”. Les amoureux ou curieux de la littérature tunisienne pourront suivre le même jour un autre débat consacré à “La littérature d’ici et de là-bas” et qui réunira des universitaires, dont Tahar Bekri, Khaled Najar et Cécile Oumhani. “L’évolution du rôle des médias dans le Maghreb contemporain”, autre débat programmé pour dimanche, se veut “passer en revue tout le paysage médiatique, à travers la presse écrite, la radio, la télévision et Internet”. Il faut espérer cependant que la maigre liste des principaux concernés par ce thème, en l’occurrence les journalistes, soit compensée par un réel débat sur la liberté de la presse, menacée ici par les concentrations et autres rachats de titres prestigieux par les gros industriels, menaçant la liberté d’opinion et de ton et au Maghreb par le musellement ou tentative d’étouffement de toute voix ou expression non conforme aux discours dominants. La journée de dimanche verra aussi une rencontre-débat autour de “l’emploi des jeunes d’origine étrangère : discrimination et réussite”. Ce thème qui fait l’actualité ici en France et provoque de grandes polémiques sera animé par Philippe Bernard du journal Le Monde, et réunira pour en débattre et analyser les succès rencontrés et les difficultés des jeunes Maghrébins sur le marché du travail de nombreux universitaires, chefs d’entreprise et militants associatifs, dont Yazid Sabeg, Amirouche Laïdi, Laurence Mehaignerie, Kamel Ridha, Patrich Weil. Parmi les nombreux espaces consacrés aux rencontres ou encore aux expositions de peinture, le “Rôle salvateur de l’humour maghrébin” sera présenté dimanche par Mouloud Mimoun avec Gyps et Lounès Tazaïrt et, par ailleurs, Serge Vollin, peintre des Aurès, et Aksouh, autre peintre algérien, exposeront leurs œuvres au cours de cette manifestation qui fera aussi découvrir, à ceux qui ne le connaissent pas, l’Algérien Omar Daoud qui a assuré l’illustration photographique de l’ouvrage de Serge Lancel L’Algérie Antique après avoir produit, il y a quelques années, un ouvrage de photos saisissant sur la vie et les enfants d’Irak. L’émission hebdomadaire de la station radio France Culture “Bouge dans la tête” animée par Benjamin Stora assurera une retransmission en direct (samedi de 17 h à 18 h) de la manifestation alors que Beur FM fera de même le samedi de 12 h à 21 h.
K. B. A
(11e Maghreb des livres hôtel de ville de Paris, samedi 5 et dimanche 6 février).



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/02/01/article.php?sid=18745&cid=16