|
“Fin hier du 8e congrès du FLN. Rendez-vous est pris pour le
prochain.”
Le 7e
— Monsieur le Président, nous sommes heureux en tant que direction, cadres et
militants du FLN de venir vous demander de présider notre humble parti. Nous
serions vraiment très honorés si vous acceptiez ce poste. De toutes les façons,
au cas où vous refuseriez, le fauteuil resterait vide…
— Monsieur le Président, désolé, mais nous étions sur ce projet avant les gens
du FLN. Au RND, nous serions encore plus enchantés qu’eux de vous voir présider
aux destinées du parti. Même à titre honorifique. De toutes les façons, au cas
où vous refuseriez, nous vous informons solennellement que nous entamerions
sur-le-champ une grève de la faim et nous menaçons de recourir à la démocratie.
— Taratata ! Ne les écoutez surtout pas, Monsieur le Président. Nous avons été
les premiers à émettre le souhait de vous voir devenir le chef suprême du PRA.
De toutes les façons, au cas où vous refuseriez ce poste, nous menaçons de
recourir à une solution encore plus extrême, rappeler Boukrouh !
— Aoûdou billah ! Entendez ces mécréants qui se prévalent d’une lumineuse et
divine idée que nous sommes les premiers au MSP à avoir publiquement formulée.
Devenez notre émir Président, Monsieur le Président. Dieu vous le rendra. De
toutes les façons, au cas où vous refuseriez, nous commettrions le péché
suprême, une cuite d’enfer !
— Entendez-les, ces partis politiques ! Absents toute l’année, ils ne se
réveillent que pour piquer les idées des autres. C’est nous et nous seuls à
l’ONM qui avons eu l’idée révolutionnaire et mortellement patriote de vous
introniser président de notre organisation. Acceptez, Monsieur le Président,
nous vous en conjurons au nom des idéaux de Novembre et des autres mois de
l’année. De toutes les façons, au cas où vous refuseriez, nous menaçons de
sacrifier un faux-moudjahid par jour jusqu’à ce que vous acceptiez d’être notre
vrai faux chef. Je vous en supplie, acceptez, sinon, nos rangs seraient décimés
!
— Allons ! Allons ! Messieurs du FLN, du RND, du PRA, du MSP, de l’ONM et des
autres partis politiques et organisations nationales, un peu de tenue, que
diable ! Que vont dire et penser de vous les journalistes venus couvrir cette
moubayiaâ ?
— Au nom de toute la presse exemplaire et des titres assimilés, nous n’avons
absolument rien à dire ! Sauf peut-être à espérer que vous acceptiez de devenir
président de nos rédactions. Au nom des principes de déontologie et d’éthique
publicitaires, nous vous conjurons d’accepter. Sinon, nous serions contraints de
commettre l’irréparable, pratiquer le journalisme ! De grâce, évitez-nous ce
suprême affront et dites-nous enfin de qui ou de quoi vous allez être enfin
président. Dites-le vite et laissez-nous vaquer à notre activité préférée, fumer
du thé pour rester éveillés, le cauchemar continue. H. L.
|