De notre envoyé spécial, Tarek Hafid Plus de 200 manifestants venus de différents pays européens (Espagne, Italie, France, Autriche...), mais aussi d’Amérique du Sud, tiendront, demain, un sit-in devant le mur défensif marocain. Les organisateurs ont choisi la région de Tifariti, située dans les territoires libérés par les forces armées du Front Polisario, pour la tenue de cette importante manifestation qui entre dans le cadre du soutien à la cause sahroauie. Prévu initialement pour jeudi dernier, ce sit-in a finalement été reporté à demain sur demande du mouvement associatif espagnol qui constitue le gros des délégations étrangères. Les responsables de l’organisation affirmaient, hier, que l'ensemble des participants seraient hébergés aujourd’hui au niveau des camps de réfugiés. Une activité sans pareille est perceptible depuis quelques jours déjà dans les camps de Rabouni, S’mara et Aousserd où loge la quasi-totalité des participants à cette manifestation contre l’occupant marocain. Appelée communément “mur de la honte” par le peuple sahraoui et les militants pour l’indépendance du Sahara occidental, cette barrière rappelle en tous points les sinistres lignes Challe et Morice. D’une longueur totale de 2 720 km, ce mur, qui divise les territoires sahraouis en diagonale, du nord-est au sud-ouest, est un ensemble de remblais de sable de plusieurs mètres de hauteur. Lancé au courant de l’année 1980 pour s’achever en 1987, ce mur défensif est constitué de plusieurs millions de mines antipersonnel et antichars ainsi que de 20 000 km de barbelés. Plus de 160 000 soldats marocains, soit l’essentiel de l’armée de Mohamed VI, sont postés tout le long de cette ligne défensive. Notons que le renforcement de ce mur est actuellement au centre d’un scandale dans lequel le Maroc est directement impliqué. En effet, sous prétexte de lutter contre l’émigration clandestine en direction du sud de l’Europe et des îles Canaries, les autorités marocaines ont sollicité l’acquisition de radars de détection nocturnes auprès de l’Union européenne. Cette dernière a accepté de fournir ce matériel de haute technologie, mais les autorités marocaines en ont détourné l’usage pour l’installer au niveau du mur défensif. Dans son dernier rapport, le secrétaire général des Nations unies fait état de l’installation de ce matériel par l’armée marocaine. Cet état de fait constitue, selon Kofi Annan, une violation de l’accord de cessez-le-feu signé en 1991 par les deux parties. T. H.
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