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“Les sénateurs l’ont promis. Vendredi prochain, ils feront
un barouf d’enfer pour protester contre la répression qui
s’abat actuellement sur plusieurs journaux algériens.”
Des sénateurs français, bien sûr.
Ça faisait cinq mois qu’il constituait une véritable attraction pour des
Algériens qui, habituellement, peuvent passer des heures sur une autoroute juste
pour voir deux véhicules légèrement accidentés ou tout simplement des
cantonniers en train de ramasser des feuilles mortes. Cinq mois que nous
freinions sensiblement nos véhicules ou que nous les stoppions net pour vérifier
s’il était toujours là, s’il n’avait pas été déséchoué de quelques centimètres
par rapport à notre “inspection” de la veille. Aujourd’hui, il n’est plus là. Il
a quitté sa prison de sable et de rochers. Il me manquerait presque ! Plus
sérieusement, les péripéties du navire Le Batna doivent nous amener à tirer
certaines conclusions. En tête de ces conclusions, celle-là : le déséchouage du
bateau a été fait par des Espagnols, des étrangers. Si cette évidence pouvait
nous ramener un peu sur terre, nous faire de temps en temps atterrir de nos
planages narcissiques, c’est que tout n’aura pas été négatif dans ce drame. Non
pas que nous devions nous pâmer en permanence devant le savoir-faire des experts
étrangers. Mais juste avoir cette sainte humilité qui vous permet de dire
simplement : “ça, je sais faire ! ça, je ne sais pas. Et comme je ne sais pas,
je fais donc appel à ceux qui savent.” Ce n’est pas avilissant. Ce n’est pas une
catastrophe nationale. Le drapeau et l’hymne n’en seront pas souillés pour
autant. Et nous n’en dégringolerions pas plus qu’avant dans le classement FIFA !
Nous ne sommes pas nuls en tout. Nous ne sommes pas bons en tout. Lorsqu’on se
dit ça, on est déjà plus proches des bons que des nuls. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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