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“Foire nationale du bricolage. Elle s’ouvre ces jours-ci
sous le haut patronage de son excellence…”
… Le président Abdelaziz Bouteflika
La Une du Soir d’Algérie d’hier avec les photos de Ouyahia et de Belkhadem
accompagnées du titre “Ouyahia veut-il prendre de vitesse Belkhadem ?” m’a fait
sourire. De voir ainsi ces deux personnages mis en concurrence “sévère et
féroce” n’a pas seulement provoqué chez moi un léger sourire, mais carrément
l’hilarité. Comment peut-on croire en février 2005, après un congrès du FLN qui
confirme que Walt Disney s’est bien installé chez nous, après des conseils
nationaux de partis et d’organisations de “très grande masse” qui semblent
s’être tous donné le mot pour laisser leurs postes de présidents délibérément
ouverts… au cas où, et après les dernières élections présidentielles, comment
peut-on encore croire une seconde que Belkhadem et Ouyahia se livrent une guerre
sans merci ? Comment peut-on décemment penser que Ouyahia aurait des velléités
de prendre de vitesse Belkhadem ? Pour que Si Ahmed veuille prendre de vitesse
Si Abdelaziz, ou l’inverse d’ailleurs, il faudrait d’abord et avant tout qu’il y
ait une course. Et même dans le cas où il y aurait bien une course, on ne me
fera pas croire, on ne me fera plus croire que ces deux athlètes pleins de vie
courent sous des couleurs, des maillots différents. En apparence, peut-être !
Mais en vrai, ils font partie de la même écurie, celle du système. Bien sûr que,
quand on les voit, quand on les entend, quand on les écoute — pour celles et
ceux qui les écoutent encore — on peut se dire que ces deux-là luttent pied à
pied pour un leadership politique. Mais regardez bien, observez plus
attentivement le déroulement de la course, scannez leur parcours, tour de piste
après tour de piste. Vous y décèlerez tous les ingrédients de l’épreuve
arrangée. Y en a bien un qui de temps en temps donne un coup d’accélérateur,
s’échappe du peloton et donne l’air de franchir seul la ligne d’arrivée. Ne vous
y fiez pas, c’est juste que, dans l’oreillette, les coaches lui auront demandé
de forcer le train, de donner un peu d’allure pour ne pas éveiller les soupçons
des rares spectateurs dans les gradins. D’ailleurs, quelques instants après le
déclenchement de cette “spectaculaire attaque”, celui qui était dans un faux
rythme recevra par l’entremise de son oreillette à lui l’ordre de recoller à son
“concurrent” et de lui reprendre quelques mètres. Par coups de semonce et
“alertes oreillettes”, on vous fera croire qu’il y a de la vie politique dans le
pays, que les mecs en veulent terriblement, qu’ils se battront jusqu’au bout
pour triompher de leurs adversaires. Et au moment où les égarés que nous sommes
applaudiront dans les gradins à la victoire de l’un ou l’autre, les deux
larrons, dans les vestiaires, se paieront une franche rigolade, contents encore
une fois d’avoir fait la course parfaite, la seule qu’on leur demande de courir
depuis 40 ans. Coursa m’derha ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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