Mercredi 23 Février 2005
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RESPONSABILITÉS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Après la disparition du 19 juin 1965 des anniversaires officiels, une autre date sur le point d’être supprimée du calendrier des fêtes.”

Le 24 février 1971

N’ayant pas vocation de juger, ni d’ailleurs l’envie de le faire, il ne s’agit pas ici de dire si le pouvoir a raison d’enclencher de manière aussi dure les procédures d’emprisonnement de cadres du pays. Fallait-il conduire en cellule les patrons de la CNAN, de la Sonelgaz et de l’OPGI de Guelma ? Je ne suis personnellement pas au fait des enquêtes abouties ou en cours dans les différentes affaires. Par contre, la prudence n’empêche pas de se poser quelques questions : dans des drames comme les naufrages de bateaux dans la rade d’Alger, l’explosion d’un immeuble dans un quartier de Guelma, il faut que les responsabilités soient établies. Ca va sans dire, mais comme dirait l’autre, c’est mieux en le disant. Dans cette logique du «rendage de compte», je n’arrive pas à comprendre que la célérité à juger et à punir s’arrête bizarrement à des paliers finalement intermédiaires. Si j’ai bonne mémoire, une raffinerie a explosé à Skikda, provoquant des dizaines de morts et de blessés. D’autres catastrophes ont endeuillé le pays. Inondations, séismes et autres joyeusetés. Pourquoi, diantre, n’a-t-on jamais vu la même autorité qui sévit aujourd’hui brandir son glaive contre l’autorité du secteur, le premier chef, le ministre. Bien sûr qu’il ne s’agit pas ici d’exiger d’un ministre de l’Énergie d’agir à la mode nippone, de s’enfermer dans une pièce de son ministère, de prendre une dague précieuse et de se la plonger dans le bide en guise de châtiment. Nous ne demanderons même pas au même ministre de se couper le petit doigt. Mais juste d’assurer la haute responsabilité qui est la sienne. Lorsqu’une raffinerie explose, plus responsable que le directeur de cette unité, il y a son patron, le ministre. Il en va ainsi de tous les secteurs de catastrophe ! C’est ainsi que je ne comprenais pas l’autre jour que le chef de l’Etat, devant les pétroliers africains — était-ce d’ailleurs le cadre idéal ? — s’en prenne à Sonatrach, tout en qualifiant Khelil de meilleur ministre de l’Énergie que l’Algérie ait connu. Sonatrach a une tutelle. Et à supposer que Sonatrach ait vraiment eu des velléités de devenir une république dans la République, à qui la faute ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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