|
“Après la disparition du 19 juin 1965 des anniversaires officiels,
une autre date sur le point d’être supprimée du
calendrier des fêtes.”
Le 24 février 1971
N’ayant pas vocation de juger, ni d’ailleurs l’envie de le faire, il ne
s’agit pas ici de dire si le pouvoir a raison d’enclencher de manière aussi dure
les procédures d’emprisonnement de cadres du pays. Fallait-il conduire en
cellule les patrons de la CNAN, de la Sonelgaz et de l’OPGI de Guelma ? Je ne
suis personnellement pas au fait des enquêtes abouties ou en cours dans les
différentes affaires. Par contre, la prudence n’empêche pas de se poser quelques
questions : dans des drames comme les naufrages de bateaux dans la rade d’Alger,
l’explosion d’un immeuble dans un quartier de Guelma, il faut que les
responsabilités soient établies. Ca va sans dire, mais comme dirait l’autre,
c’est mieux en le disant. Dans cette logique du «rendage de compte», je n’arrive
pas à comprendre que la célérité à juger et à punir s’arrête bizarrement à des
paliers finalement intermédiaires. Si j’ai bonne mémoire, une raffinerie a
explosé à Skikda, provoquant des dizaines de morts et de blessés. D’autres
catastrophes ont endeuillé le pays. Inondations, séismes et autres joyeusetés.
Pourquoi, diantre, n’a-t-on jamais vu la même autorité qui sévit aujourd’hui
brandir son glaive contre l’autorité du secteur, le premier chef, le ministre.
Bien sûr qu’il ne s’agit pas ici d’exiger d’un ministre de l’Énergie d’agir à la
mode nippone, de s’enfermer dans une pièce de son ministère, de prendre une
dague précieuse et de se la plonger dans le bide en guise de châtiment. Nous ne
demanderons même pas au même ministre de se couper le petit doigt. Mais juste
d’assurer la haute responsabilité qui est la sienne. Lorsqu’une raffinerie
explose, plus responsable que le directeur de cette unité, il y a son patron, le
ministre. Il en va ainsi de tous les secteurs de catastrophe ! C’est ainsi que
je ne comprenais pas l’autre jour que le chef de l’Etat, devant les pétroliers
africains — était-ce d’ailleurs le cadre idéal ? — s’en prenne à Sonatrach, tout
en qualifiant Khelil de meilleur ministre de l’Énergie que l’Algérie ait connu.
Sonatrach a une tutelle. Et à supposer que Sonatrach ait vraiment eu des
velléités de devenir une république dans la République, à qui la faute ? Je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|