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«Code de la famille. Les indus maris enfin rassurés sur
la portée du nouveau texte.»
20 ans et mazal !
Selon mes excellents confrères du Jeune Indépendant qui rendent compte d’un
colloque universitaire tenu ces dernières heures à Constantine, l’Algérie
compterait vingt mille sorciers. Bonté divine ! 20 000 sorciers et nous
n’arrivons toujours pas à nous sortir du bourbier de la crise. Ce n’est pas un
simple colloque universitaire qu’il faut consacrer à cette question, c’est
carrément une conférence de salut national qui doit se tenir dans les plus brefs
délais. Il est impérieux de réunir les 20 000 sorciers dans un grand hôtel ou un
complexe touristique sur la côte. De les chouchouter, de les entourer du maximum
d’attention, de leur accorder tout ce qu’ils demanderont et exigeront. Aux
p’tits oignons que nous devons tous être avec nos 20 000 sorciers ! Grasse
matinée. Petit-déjeuner au lit. Grooms et coursiers de permanence devant les
chambres et prêts à satisfaire le moindre des caprices de nos 20 000 sorciers.
Si un honorable sorcier demande une herbe rare pour concocter un élixir aux
vertus dopantes sur l’économie et la relance, une armée de coursiers doit
immédiatement partir à la cueillette de cette herbe, aidée en cela par une
brigade motorisée de la Gendarmerie nationale chargée de leur ouvrir la route et
de les escorter. Si un autre honorable sorcier exige qu’on lui amène un bouc à
la barbiche bleue et aux yeux vert pastel dont le foie aurait vertu de booster
notre agriculture, une escouade de vétérinaires doit aussitôt battre toute la
campagne pour dénicher la bête. Si un autre et non moins honorable sorcier
prétend trouver de nouveaux gisements de pétrole et de gaz à l’aide d’une
amulette et d’une centaine de lingots d’or, le ministère des Finances doit
immédiatement notifier par écrit au gouverneur de la Banque d’Algérie la mise à
disposition des lingots au pied du lit de notre sorcier pétrolier. Vous l’aurez
compris, nous devons nous plier en quatre, pour nos 20 000 sorciers. Parce que,
très franchement, en dehors d’eux, je ne vois pas qui pourrait sortir ce pays de
la crise. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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