Dimanche 06 Mars 2005
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MES SORCIERS BIEN-AIMES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Code de la famille. Les indus maris enfin rassurés sur la portée du nouveau texte.»

20 ans et mazal !

Selon mes excellents confrères du Jeune Indépendant qui rendent compte d’un colloque universitaire tenu ces dernières heures à Constantine, l’Algérie compterait vingt mille sorciers. Bonté divine ! 20 000 sorciers et nous n’arrivons toujours pas à nous sortir du bourbier de la crise. Ce n’est pas un simple colloque universitaire qu’il faut consacrer à cette question, c’est carrément une conférence de salut national qui doit se tenir dans les plus brefs délais. Il est impérieux de réunir les 20 000 sorciers dans un grand hôtel ou un complexe touristique sur la côte. De les chouchouter, de les entourer du maximum d’attention, de leur accorder tout ce qu’ils demanderont et exigeront. Aux p’tits oignons que nous devons tous être avec nos 20 000 sorciers ! Grasse matinée. Petit-déjeuner au lit. Grooms et coursiers de permanence devant les chambres et prêts à satisfaire le moindre des caprices de nos 20 000 sorciers. Si un honorable sorcier demande une herbe rare pour concocter un élixir aux vertus dopantes sur l’économie et la relance, une armée de coursiers doit immédiatement partir à la cueillette de cette herbe, aidée en cela par une brigade motorisée de la Gendarmerie nationale chargée de leur ouvrir la route et de les escorter. Si un autre honorable sorcier exige qu’on lui amène un bouc à la barbiche bleue et aux yeux vert pastel dont le foie aurait vertu de booster notre agriculture, une escouade de vétérinaires doit aussitôt battre toute la campagne pour dénicher la bête. Si un autre et non moins honorable sorcier prétend trouver de nouveaux gisements de pétrole et de gaz à l’aide d’une amulette et d’une centaine de lingots d’or, le ministère des Finances doit immédiatement notifier par écrit au gouverneur de la Banque d’Algérie la mise à disposition des lingots au pied du lit de notre sorcier pétrolier. Vous l’aurez compris, nous devons nous plier en quatre, pour nos 20 000 sorciers. Parce que, très franchement, en dehors d’eux, je ne vois pas qui pourrait sortir ce pays de la crise. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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