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“A toutes les femmes 5 étoiles, bonne fête!”
Et cheh fel habssin
Logiquement, comme tous les 8 mars, et dans le respect d’une de nos
traditions journalistiques joliment appelée "sujet marronnier", les titres de la
presse parlent de la femme aujourd’hui. Normal ! L’épopée de la Kahina. Fatma N’Soumer.
Quel rôle durant la guerre d’indépendance ? Quelle avancée depuis 1962 ? 1984 et
le code de l’infamie. Le nouveau texte et les amendements. La nuance dans la
définition du wali. Le marché juteux des roses et des fleurs de manière
générale… J’ai eu pour ma part envie de vous parler d’autre chose. Il ne s’agit
pas de la coquetterie d’un chroniqueur qui voudrait se singulariser en ce 8
mars. Il s’agit plus simplement d’un besoin de faire écho à une détresse. Je
m’explique : un lecteur particulièrement attentif à l’actualité internationale
me faisait remarquer l’autre jour qu’en France, des détenus de la maison d’arrêt
de Melun ont été transférés en urgence vers une autre prison suite à une panne
de chaudière. En écoutant hier un bulletin d’information d’une chaîne de radio
française, j’ai eu les derniers développements de cette affaire. La chaudière de
la prison de Melun a finalement été réparée et les prisonniers ont pu regagner
leurs cellules "d’origine". Simple coïncidence ou signe, à quelques heures
d’intervalle, ceux qui s’en souviennent encore vont commémorer un douloureux
anniversaire, l’incendie, il y a trois ans, dans la prison de Serkadji. Je vous
donne à lire cette lettre du représentant des familles des détenus morts dans
cet incendie. Elle parle d’elle-même : "Il y a près de trois ans, nos enfants
sont morts parce qu’ils étaient détenus dans la salle numéro 10 de la prison de
Serkadji le 30 avril 2002. La flamme de l’incendie qui les a vus périr brûle
encore dans nos cœurs et nos esprits. Nos enfants, pour la plupart n’avaient que
18 à 20 ans. Nous les avons mis au monde. Nous les avons vus grandir et réaliser
souvent de bonnes choses et de bonnes actions. Une partie d’entre eux faisaient
du sport, et quelques-uns parmi eux étaient de talentueux footballeurs. D’autres
représentaient le principal — sinon l’unique— soutien à leurs familles. Ils
étaient presque tous en détention préventive pour telle ou telle erreur d’une
jeunesse qui, dès l’enfance, n’a connu que les affres et les péripéties de la
situation douloureuse de leur cher pays. Nous, les parents, les familles et les
amis de ces jeunes arrachés à la vie à la fleur de l’âge voulons à l’occasion
(…) de cette commémoration avoir une pensée pleine d’affection et d’amour pour
eux. C’est là, à notre sens, l’accomplissement du devoir de mémoire qui nous
incombe et le meilleur hommage qu’on puisse leur rendre. Qu’ils reposent en paix
et que puisse Dieu leur accorder la jouissance de son vaste paradis."
Voilà ! Ces mamans, ces papas, ces parents et ces amis, par la voix de leur
représentant, voulaient juste que la mémoire de leurs enfants ne soit pas
irrémédiablement mise aux oubliettes. En ce 8 mars, les femmes, qui sont aussi
mères, épouses, sœurs ou copines, comprendront, j’en suis convaincu, mon
"infidélité" à la cause de la femme en ce 8 mars. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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