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Giuliana Sgrena au “Soir d’Algérie” : «Je viendrai à
Alger dès que possible.»
Réfléchis bien, Giuliana…
Je sais que je vais faire grincer un max de dents. Tant pis ! Mieux vaut
faire grincer les dents de copains que de manquer au devoir de vérité. Et le
devoir de vérité m’oblige aujourd’hui à m’esclaffer du tour pendable que vient
de jouer Abdekka aux islamistes. On aura ainsi tout dit du code de la famille
amendé. Bon. Mauvais. Mitigé. Mi figue, mi raisin. Mais nous n’aurons rien dit
si nous ne reconnaissons pas au moins une chose au texte qui a failli leur faire
avaler leur barbe à la plupart des intégristes siégeant à l’APN : «La femme peut
prendre pour wali un parent ou un ami quel qu’il soit». Ya bouguelb ! Et dire
que depuis 1984 et le coup de Jarnac, la trahison, la dague plantée dans le dos
de la République démocratique, ils étaient nombreux les responsables, les
notables, les chakhssiyates et les présidents successifs à promettre chaque 8
mars du «nouveau», un «mieux» pour la femme. Rien ! Des promesses aussi fermes
que celles d’un mari volage qui assure qu’il ne le refera plus, qu’il n’ira plus
conter fleurette hors du domicile conjugal. Ce n’est qu’aujourd’hui, 21 ans
après le grand acte de trahison qu’un homme, Abdekka — je vous avais prévenus
que j’allais faire grincer des dents amies — a joint l’acte à la promesse. IL L’A
FAIT ! Bien sûr, les légalistes, les pointilleux pètes sec, les formalistes
pourront toujours gloser sur la manière, sur le cheminement tortueux et vicieux
emprunté par Boutef’ pour piéger sa «propre alliance». Personnellement, je n’en
ai cure ! Et je le dis tout de go en pastichant avec délectation le discours
islamiste : «El harbou khidaâ !». Demain, il sera toujours temps de dénoncer la
privatisation sauvage du pays, les clans, le régionalisme, les liquidations des
cadres qui ne courbent pas l’échine, le musellement des journaux ou
l’intolérable présence de Mohamed Benchicou derrière les barreaux d’une cellule
de la prison d’El Harrach. Mais aujourd’hui, lendemain de 8 mars, je veux rester
sur ça, et seulement sur ça : le plaisir de voir les tronches d’islamistes
verdir, blêmir de haine à la lecture du code de la famille amendé. J’en rêvais.
Abdekka l’a fait. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H.
L.
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