Mercredi 09 Mars 2005
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J’EN RÊVAIS, IL L’A FAIT !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Giuliana Sgrena au “Soir d’Algérie” : «Je viendrai à Alger dès que possible.»

Réfléchis bien, Giuliana…

Je sais que je vais faire grincer un max de dents. Tant pis ! Mieux vaut faire grincer les dents de copains que de manquer au devoir de vérité. Et le devoir de vérité m’oblige aujourd’hui à m’esclaffer du tour pendable que vient de jouer Abdekka aux islamistes. On aura ainsi tout dit du code de la famille amendé. Bon. Mauvais. Mitigé. Mi figue, mi raisin. Mais nous n’aurons rien dit si nous ne reconnaissons pas au moins une chose au texte qui a failli leur faire avaler leur barbe à la plupart des intégristes siégeant à l’APN : «La femme peut prendre pour wali un parent ou un ami quel qu’il soit». Ya bouguelb ! Et dire que depuis 1984 et le coup de Jarnac, la trahison, la dague plantée dans le dos de la République démocratique, ils étaient nombreux les responsables, les notables, les chakhssiyates et les présidents successifs à promettre chaque 8 mars du «nouveau», un «mieux» pour la femme. Rien ! Des promesses aussi fermes que celles d’un mari volage qui assure qu’il ne le refera plus, qu’il n’ira plus conter fleurette hors du domicile conjugal. Ce n’est qu’aujourd’hui, 21 ans après le grand acte de trahison qu’un homme, Abdekka — je vous avais prévenus que j’allais faire grincer des dents amies — a joint l’acte à la promesse. IL L’A FAIT ! Bien sûr, les légalistes, les pointilleux pètes sec, les formalistes pourront toujours gloser sur la manière, sur le cheminement tortueux et vicieux emprunté par Boutef’ pour piéger sa «propre alliance». Personnellement, je n’en ai cure ! Et je le dis tout de go en pastichant avec délectation le discours islamiste : «El harbou khidaâ !». Demain, il sera toujours temps de dénoncer la privatisation sauvage du pays, les clans, le régionalisme, les liquidations des cadres qui ne courbent pas l’échine, le musellement des journaux ou l’intolérable présence de Mohamed Benchicou derrière les barreaux d’une cellule de la prison d’El Harrach. Mais aujourd’hui, lendemain de 8 mars, je veux rester sur ça, et seulement sur ça : le plaisir de voir les tronches d’islamistes verdir, blêmir de haine à la lecture du code de la famille amendé. J’en rêvais. Abdekka l’a fait. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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