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“Purges au ministère de la Culture. Plusieurs femmes ont été
licenciées au motif qu’elles portaient un même et seul prénom.”
Louiza
Saluons la prolifération depuis quelque temps d’une nouvelle race d’experts
en datation au carbone 14. Sous cette étiquette à la dénomination barbare se
cachent d’excellents compatriotes dotés d’un don fabuleux. Ils peuvent, sans
risque aucun de se tromper, sans aucune marge d’erreur, fut-elle infime, vous
dater un événement. Prenez notre invité du jour, Farouk Ksentini patron d’un
organisme des droits de l’homme à l’intitulé tellement imprononçable qu’il ne
peut être que le fruit de la cogitation d’un être… torturé. Renouvelons d’abord
à Si Farouk nos vœux de bienvenue dans la page 7 du journal de ce jour et
remercions-le encore une fois de s’être prêté au jeu de l’interview. Et
d’interview justement, j’en suis à lire sa réponse sur la presse algérienne,
l’emprisonnement de Mohamed Benchicou et les conditions d’exercice du métier
d’informer. Sans trop se forcer, sans sortir de chronomètre hyper sophistiqué,
sans ouvrir une valise de transmissions truffée d’antennes paraboliques toutes
branchées sur Greenwich, Farouk Ksentini lâche cette sentence qui fera … date :
« La presse algérienne s’est améliorée depuis le 8 avril. » J’ai beau chercher
dans ma mémoire ce qui s’est passé le 8 avril 2004 et je n’y trouve qu’un seul
événement sans lien logique avec l’amélioration de la qualité des journaux du
pays. Le 8 avril, Abdelaziz Bouteflika a été réélu président. Dans n’importe
quel pays du monde connu et exploré, lorsqu’un président est élu, cela
n’implique pas qu’à la minute même où les résultats officiels de ce scrutin sont
annoncés, les journaux soudain, subrepticement, comme frappés de grâce
deviennent d’un coup très bons. Chez nous, si ! C’est Si Farouk qui le dit.
Dommage que le Président du CNCDPDH ne nous donne pas plus de précisions sur le
processus fulgurant d’amélioration de la presse algérienne. Nous restons sur
notre faim, rongés par un tas de questions : ce phénomène quasi surnaturel de
journaux soudainement devenus meilleurs un 8 avril a-t-il été constaté par les
experts de l’Observatoire le matin du 9 avril chez les buralistes ? A quelle
heure exacte les premiers signes d’amélioration ont-ils été enregistrés ?
Etait-ce un phénomène général ou seulement limité à des titres qui étaient
franchement mauvais la veille, le 8 au matin ? Et puis au fait, le 9 avril,
c’était quel jour ? Un vendredi ! Un jour sans presse. C’est donc que les
journaux algériens n’ont pu s’améliorer qu’à partir du 10 avril, pas du 9. Si
Farouk se serait donc trompé ? Ô ! Pas de beaucoup. De 24 heures. Mais tout de
même, ces quelques heures de décalage changent tout pour un débat aussi
intensément scientifique, aussi pointu que celui portant sur la « datation du
jour et de l’heure exactes de l’amélioration des journaux algériens ». Je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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