Dimanche 13 Mars 2005
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Plus palestiniens que les Palestiniens eux-mêmes !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Ouyahia l’a promis : “Les 5 prochaines années seront meilleures !”

Pourquoi, il va démissionner ?

Ah ! Les causes faciles, celles qui ne mangent pas de pain ! Déjà l’autre semaine, le président tunisien soulevait l’ire de tous les panarabismes poilus et poilants en “osant” inviter chez lui, dans son pays, la Tunisie, le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Et aujourd’hui, les mêmes milieux, enduits jusqu’à en ruisseler de discours “national arabe”, font semblant de se déchirer la poitrine en criant à l’infamie parce que Abdekka aurait serré la main au vice-Premier ministre israélien en Espagne, en marge du Sommet sur le terrorisme. Interrogé sur la véracité d’une telle information, Ouyahia a juré que “makach menha !”. Déjà, sur le principe, je ne comprends pas qu’en 2005 Ouyahia doive répondre à ce genre de questions et doive justifier d’un acte de diplomatie du chef de l’État. Parce qu’il s’agit d’un vice- Premier ministre israélien ? Eh ben merde alors ! Serions-nous devenus soudain plus palestiniens que les Palestiniens ? Et Mahmoud Abbas, chef de tous les “palestoches”, a-t-il été taxé de traître lorsque, l’autre jour, il a rencontré Sharon et lui a serré la main devant les caméras du monde entier ? Quand c’est qu’on va arrêter avec ces discours en noir et blanc, en pattes d’éléphant et en posters du Che portés bien en évidence sur la poitrine ? Les Palestiniens défilent quasi quotidiennement aux côtés des Israéliens de “La paix maintenant”. D’autres Palestiniens de nationalité israélienne débattent avec passion de la cause palestinienne à la Knesset. Du négoce se fait entre tous ces peuples, dont le nôtre. Et il s’en trouve toujours pourtant qui brandissent un keffieh à partir de leurs salons algérois pour “indiquer la voie” à leurs frères palestiniens. C’est d’un ridicule qui ne me fait même plus rire. D’ailleurs, ça avait déjà cessé de me faire rire lorsque des camarades, des journalistes avaient failli être lynchés ici en Algérie, à leur retour d’une mission professionnelle en Israël. A peu près à la même époque, un Belkhadem, pas encore converti à la religion présidentielle, s’offusquait de voir Boutef’ serrer la main de Ehud Barak au Maroc. Dans ma grande naïveté, j’ai toujours cru pourtant qu’il valait mieux donner l’accolade à un dirigeant israélien en public, devant témoins plutôt que de divulguer des secrets d’État avec un Iranien en se croyant à l’abri des regards et des micros. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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