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Ouyahia l’a promis : “Les 5 prochaines années seront
meilleures !”
Pourquoi, il va démissionner ?
Ah ! Les causes faciles, celles qui ne mangent pas de pain ! Déjà l’autre
semaine, le président tunisien soulevait l’ire de tous les panarabismes poilus
et poilants en “osant” inviter chez lui, dans son pays, la Tunisie, le Premier
ministre israélien Ariel Sharon. Et aujourd’hui, les mêmes milieux, enduits
jusqu’à en ruisseler de discours “national arabe”, font semblant de se déchirer
la poitrine en criant à l’infamie parce que Abdekka aurait serré la main au
vice-Premier ministre israélien en Espagne, en marge du Sommet sur le
terrorisme. Interrogé sur la véracité d’une telle information, Ouyahia a juré
que “makach menha !”. Déjà, sur le principe, je ne comprends pas qu’en 2005
Ouyahia doive répondre à ce genre de questions et doive justifier d’un acte de
diplomatie du chef de l’État. Parce qu’il s’agit d’un vice- Premier ministre
israélien ? Eh ben merde alors ! Serions-nous devenus soudain plus palestiniens
que les Palestiniens ? Et Mahmoud Abbas, chef de tous les “palestoches”, a-t-il
été taxé de traître lorsque, l’autre jour, il a rencontré Sharon et lui a serré
la main devant les caméras du monde entier ? Quand c’est qu’on va arrêter avec
ces discours en noir et blanc, en pattes d’éléphant et en posters du Che portés
bien en évidence sur la poitrine ? Les Palestiniens défilent quasi
quotidiennement aux côtés des Israéliens de “La paix maintenant”. D’autres
Palestiniens de nationalité israélienne débattent avec passion de la cause
palestinienne à la Knesset. Du négoce se fait entre tous ces peuples, dont le
nôtre. Et il s’en trouve toujours pourtant qui brandissent un keffieh à partir
de leurs salons algérois pour “indiquer la voie” à leurs frères palestiniens.
C’est d’un ridicule qui ne me fait même plus rire. D’ailleurs, ça avait déjà
cessé de me faire rire lorsque des camarades, des journalistes avaient failli
être lynchés ici en Algérie, à leur retour d’une mission professionnelle en
Israël. A peu près à la même époque, un Belkhadem, pas encore converti à la
religion présidentielle, s’offusquait de voir Boutef’ serrer la main de Ehud
Barak au Maroc. Dans ma grande naïveté, j’ai toujours cru pourtant qu’il valait
mieux donner l’accolade à un dirigeant israélien en public, devant témoins
plutôt que de divulguer des secrets d’État avec un Iranien en se croyant à
l’abri des regards et des micros. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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