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“Ligue arabe. Ils seront tous au sommet d’Alger.”
Kofi Annan (ONU), Jacques Chirac (France),
Zapatero (Espagne), Ciampi (Italie)
et Baroso (Commission européenne)
— Quelle impression cela fait-il de terminer là, sur la
plage des Sablettes ?
— L’impression du devoir accompli. Je me sens vidé mais
heureux.
— Mais n’éprouvez-vous pas un peu de peine devant le
manque de considération des gens qui vous ont manipulé ?
— Pas du tout ! C’est vous, les journalistes qui voyez le
mal partout, comme toujours.
— Vous ne pouvez tout de même pas nier que vous avez
été complices d’une vaste opération de blanchiment…
— M’enfin ! Nous avons agi en plein jour.
— Pas toujours ! Il vous est arrivé de travailler au noir, le
soir, loin des regards.
— Ne tournons pas autour du pot! Tout ce que nous
avons fait, c’est pour le bien de ce pays. Nuit et jour, nous
avons redonné son éclat d’antan à Alger la Blanche. Jusque-là,
je me sentais personnellement inutile, stocké dans un
dépôt poussiéreux. Je ne supportais plus cet immobilisme.
D’autant plus que le gardien du dépôt ne pouvait pas me voir
en peinture, un différend ancien sur une histoire de couleurs.
Mais je ne vais pas m’étaler plus longuement sur mon passé terne…
— Justement, revenons si vous le voulez bien à l’actualité.
Ca ne vous gêne pas trop de vous afficher de cette manière,
sur les murs, dans le cadre d’une campagne à peine voilée
pour l’amnistie générale ?
— Voilà que vous en remettez une couche ! Que ce soit
clair une fois pour toutes, on peut être bidon, mais avoir tout
de même des principes. Je suis contre la politique politicienne
et le mélange des genres. Il ne s’agit pas ici de faire
dans le sensationnel en espérant révéler des affaires qui
éclabousseraient pas mal de monde. Ça, c’est votre rayon.
Moi, je ne me salirai jamais les mains avec de telles pratiques.
Je suis blanc comme neige ! Personne, même pas
vous, n’arrivera à me coller une étiquette ou une couleur
politique. Mes seules couleurs, ce sont celles de l’emblème
national, le rouge, le vert et le blanc.
— Ne nous emmêlons pas les pinceaux, si vous le voulez
bien. Il ne s’agit pas de faire de la politique politicienne ou
en demi-teinte. Mais juste de faire ressortir votre rôle dans le
masquage des réalités noires de ce pays…
— Attention où vous mettez les pieds ! A trop vouloir soulever
le couvercle, vous risquez de terminer sur un trottoir
avec, sur la poitrine, une tache de couleur rouge. Alors, plutôt
que de fourrer votre nez dans les affaires opaques, je
vous conseille de fumer du thé et de rester éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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