Dimanche 20 Mars 2005
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GARE A LA LIGNE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Grave incident lors de la réunion préparatoire au Sommet arabe. Deux ministres arabes des Affaires étrangères sont tombés…”

…d’accord

Je connaissais les lignes rouges. Forcément ! Abdekka en avait tellement parlé, s’en était tellement plaint que nous avions tous fini par nous convaincre qu’elles existaient vraiment, ces satanées lignes rouges. Le chef de l’État ne ratait jamais une occasion pour stigmatiser le commandement militaire ou tout simplement les généraux qui lui traçaient un peu partout des lignes rouges. A chaque fois que le premier magistrat était interpellé sur un dossier, sur des lenteurs dans tel ou tel secteur, il justifiait son inaction par l’étroite marge de manœuvre que lui laissaient ces lignes rouges. Personne ne les avait jamais vraiment vues ces lignes rouges, ni avant le 8 avril, ni après le 8. Encore moins après le 8 avril, d’ailleurs ! Les lignes rouges disparues, il nous fallut très vite nous habituer aux lignes blanches. Elles firent leur apparition avec le terrible séisme du 21 mai. Elles consacraient un acte de gestion pour une fois sensé, celui des couloirs d’urgence pour les secours et l’acheminement des aides vers les zones sinistrées. Ces lignes blanches, nous les avons tous vues et personne ne s’en est jamais vraiment plaint. Nous pensions qu’avec ces lignes blanches (à ne surtout pas fumer) la saga des fameuses lignes algériennes était enfin terminée. Nous nous trompions ! Voilà que viennent de faire leur apparition de nouvelles lignes, toutes fraîches : les lignes vertes. Elles ont été tracées de nuit — des nuits blanches, sûrement — ces dernières heures. Officiellement, on ne nous a rien dit sur ces lignes vertes. Mais nous devinons bien, nous Algériens, passés maîtres dans le décryptage de la symbolique des lignes, à quoi elles vont servir. Point besoin d’être devins pour ça : vertes pour l’islam. Vertes pour l’espoir. Aussi vertes que les jardins artificiels de Dubaï, aussi vertes que le défunt barrage vert algérien, aussi vertes que les vergers préfabriqués de Kadhafi, aussi vertes que le petit livret vert du voisin colonel, aussi vertes que la marche verte du défunt Hassan II, dont le fils a, semble-t-il, hérité du hobby de voyager en bateau. Aussi vertes que sont verts les dollars américains. De ce vert qui vaut bien un couloir réservé d’office sur les autoroutes algériennes et bien évidemment interdit aux automobilistes autochtones. Je fume du thé …vert et je reste éveillé, le cauchemar tricolore continue. H. L.

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