Actualités : AIGLE AZUR
L’envol d’une compagnie en plein essor


De notre bureau de Paris, K. Baba-Ahmed
Pour la première fois, les correspondants de la presse algérienne en France ont eu l’agréable surprise de voir le P-DG d’une compagnie d’aviation et tout son staff mobilisés dans une opération portes ouvertes destinée aux représentants de la presse algérienne en France.
Lors de cette journée organisée vendredi dernier par Arezki Idjerouidene, P-DG d’Aigle Azur, l’ouverture de tous les services de la compagnie (installée à Tremblay, en banlieue parisienne) aux nombreux journalistes présents et le débat qui s’en est suivi ont pu d’abord faire découvrir les 50 ans d’histoire de cette compagnie rachetée en 2001 par Idjerouidene, se rendre compte ensuite de toute l’organisation et de la machinerie qui précèdent les vols et des efforts déployés par une équipe réunie autour de la satisfaction du client et sa sécurité.
La «plus algérienne des compagnies françaises», comme l’aime à le souligner son président, a transporté en 2004, lors de la saison estivale (du 25 juin au 15 septembre) 300.000 passagers vers l’Algérie, mettant en place, pour ce faire, 2 à 3 vols supplémentaires quotidiens. La saison estivale 2005, préparée depuis quelques mois déjà, pourra offrir 450.000 sièges car, souligne le P-DG : «il n’est pas question pour nous de faire revivre à nos compatriotes le cauchemar des pénuries de sièges». Dans le même temps la compagnie assurera l’extension de son réseau vers l’Algérie en desservant de nouvelles villes et notamment Bordeaux-Alger ; Marseille- Béjaïa. ; Lille-Oran ; Paris-Batna et Paris-Sétif (dès l’ouverture de l’aéroport sétifien). Ce programme d’extension vient s’ajouter aux dessertes biquotidiennes régulières assurées à partir des aéroports de Paris-Orly ; Lille ; Marseille ; Mulhouse et Toulouse en direction d’Alger ; Oran ; Tlemcen ; Béjaïa ; Constantine ; Annaba et Hassi- Messaoud. «La santé financière de notre compagnie est excellente et notre trésorerie est abondante». Les chiffres fournis par le P-DG viennent naturellement conforter ce constat : alors que le chiffre d’affaire d’Aigle Azur était de 5 millions d’euros à la reprise en mai 2001 de la compagnie, six mois après, ce chiffre est passé à 9 millions d’euros et les pertes accusées alors étaient ramenées de 850.0000 à 224000, sur la même période. Depuis, le chiffre d’affaires ne cesse de progresser — il est envisagé pour 2004-2005 près de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires et un bilan positif plus conséquent encore que les 36 millions d’euros enregistrés déjà en 2003. Pour les responsables de la compagnie, cette bonne santé financière tient à la rigueur du management et au niveau élevé de réactivité qui caractérise son fonctionnement. En moins d’une demi-journée, et en fonction de la disponibilité de ses appareils, Aigle Azur peut déclencher un vol non programmé. Interrogé sur les outils utilisés pour mesurer la qualité de service à la clientèle, Arezki Idjerouidene nous informe qu’à l’issue de chaque vol, un rapport est transmis à la direction générale et traité tant par les services «qualité et sécurité» que par la direction commerciale qui exploitent par ailleurs aussi tout le courrier transmis par la clientèle. La réunion hebdomadaire du staff examine ces rapports et des mesures correctives sont prises, si besoin est. L’exemple récent cité au cours de la rencontre est celui relatif à la qualité jugée par certains «pas très bonne des repas servis à bord». Après analyse de la situation et examen des menus servis, les responsables ont conclu que le contenu des repas n’était pas toujours adapté aux habitudes culinaires des Algériens et l’ont de ce fait aménagé en excluant le saumon, par exemple, et en le remplaçant par des viandes. C’est aussi incontestablement la politique d’investissement et de projection de la compagnie sur le long terme qui fait sa force aujourd’hui. Le renouvellement de sa flotte en 2004 procède de cette démarche. Avant la fin de l’année en cours, toute la flotte de la compagnie sera composée d’appareils du fabricant européen Air bus : 4 Airbus A321 et 4 Airbus A320. Ce choix s’explique entre autres, selon son président «par la volonté d’avoir des appareils modernes ; une flotte de 3 ans de moyenne d’âge et des appareils moyen courrier, qui, à terme, pourront nous assurer le passage au long courrier, inscrit dans notre stratégie de développement». Aigle Azur qui a transporté toutes directions confondues, 900.000 passagers en 2003-2004 envisage de porter ce chiffre à 1,3 million de passagers en 2004-2005 en vols réguliers et charters, qu’elle assure déjà sur des destinations diverses : Italie ; Turquie, Egypte, Dublin, Tunisie, Maroc… Vers ces deux derniers pays, des lignes régulières seront ouvertes prochainement sur Marrakech, Agadir et Oujda pour le Maroc. Djerba et Monastir pour la Tunisie. C’est l’histoire d’une toute petite compagnie à l’origine qui a pris très vite et très solidement son envol. C’est l’histoire d’un homme, Arezki Idjerouidene, qui en la rachetant en 2001 en a fait une entreprise où chacun des nombreux responsables et salariés que nous avons rencontrés donne l’impression de savoir ce qu’on attend de lui et d’être tout à fait à son aise dans cette entreprise. C’est aussi celle d’un patron plein de modestie et d’humilité qui a parlé avec passion de son métier et avec respect de son concurrent Air Algérie. A une participante qui tombait à bras raccourcis sur Air Algérie, Arezki Idjerouidene eut cette réponse, celle des grands hommes : «Air Algérie est une compagnie qui a beaucoup de mérite et il ne faut pas oublier qu’elle a une obligation de service public.»
K. B.- A.

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