Régions Centre : MAATKAS
Le quotidien morose des lycéens


Tous les jours se ressemblent pour ces jeunes lycéens dont le potentiel d’énergie reste passif en raison du vide total en matière d’activités sportives et culturelles au niveau de leurs établissements. Activités qui leur auraient permis de temps à autre de s’exprimer, de bouger, d’exploiter un don naturel, en somme, de recharger leurs batteries et de repartir du bon pied pour affronter cours et examens.
Confrontés à un quotidien monotone, en plus des tracas dus aux grèves, aux retards — vu l’éloignement —, à la surcharge du programme et à d’autres frustrations que seules leurs âmes connaissent, ils subissent en silence les affres d’une scolarité routinière. Ceux qui sont censés leur prêter main-forte pour les tirer de leur torpeur imposée ne s’en offusquent guère pour autant. Ils sont euxmêmes dans les rets d’une passivité déconcertante. Il suffit de provoquer le silence mélancolique de ces jeunes à la fleur de l’âge pour qu’ils s’exorcisent ne s’arrêtant pas à un détail, révélant ainsi malaises et refoulements. “On étouffe, on veut bien changer de décor ; parfois, visiter un site historique, passer une journée dans un parc, ou à la montagne. Nous ne connaissons rien en dehors du lycée, études et domicile. Personne ne veut prendre ce genre d’initiatives qui nous galvaniseront et étendront nos connaissances”, se plaint Samia, élève au nouveau lycée. Il suffit de les écouter pour se rendre compte qu’ils ne demandent pas l’impossible. Seulement, la volonté de les aider, ne serait-ce que pour l’écoute, n’existe pas, comme nous le fera remarquer Saïd, élève au tehnicum. “Dans tous les établissements scolaires, il y a des élèves doués, ils ont des dispositions pour l’art : poésie, musique, dessin, peinture, théâtre... mais ils restent ignorés car les responsables au niveau de ces établissements n’ont aucun enthousiasme pour l’organisation de manifestations culturelles. C’est décevant.” Souvent fatigués, stressés et se sentant ignorés, ils ont les nerfs à fleur de peau, extériorisant leur malaise par des actes de violence. Les plus fragiles délaissent leurs études, désespèrent vite et sombrent dans la délinquance. A quels résultats scolaires doit-on s’attendre lorsque les élèves sont livrés à eux-mêmes? Catastrophiques. L’année scolaire 2003-2004 a vu l’exclusion de près de 500 élèves des deux lycées seulement, sans compter la déperdition des autres paliers, et ce, alors qu’aucune structure qui puisse les accueillir n’existe.
B. S.

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