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«Sommet arabe. Beau temps. Pelouse en excellent état.
Bon arbitrage. Score à la mi-temps : Libye 0 Arabie
Saoudite 0.»
Réveillez-vous, les mecs !
Entendez-les ! Voyez-les, ces jaloux. J’écoutais hier soir les confrères des
télés et radios arabes, et sur quoi ils axaient leurs analyses du Sommet d’Alger
? Sur le fait que plus d’un tiers des chefs d’Etat, monarques et émirs arabes,
n’ont pas fait le déplacement. Sur le fait que les divergences entre nations
arabes sont encore aussi, sinon plus vivaces que lors du dernier Sommet de
Tunis. Sur le fait qu’aucune grande décision ne sera prise à Alger, et surtout
pas la normalisation des relations avec Israël. Je trouve la mauvaise foi de mes
confrères arabes terrifiante ! C’est de la jalousie de bas étage dont ils font
preuve à l’égard de notre pays. Car ce sommet est réellement le plus beau, le
mieux organisé et celui qui consacre une nouvelle ère toute faite d’unité et de
cohésion intra-arabe. Je défie n’importe quel pays qui a déjà organisé une
réunion de ce niveau-là d’aligner des bilans aussi brillants que ceux de
l’Algérie : 100 mille palmiers âgés entre deux mois et trois ans, extrait de
naissance légalisé faisant foi, ont été mis en terre jour et nuit. Surtout la
nuit. 200 mille plantes vertes grasses de type « Carlofolia Staryaka », une
variété réputée résister à tous les régimes … météo, ont été amoureusement
agencées dans 30 mille espaces verts créés en quelques heures par le génie des
paysagistes algériens. L’équivalent de deux fois le trajet terre-lune a été
repeint en un temps record. 23 millions de bidons de laque de couleur blanche
ont été vidés. 150 mille bidons de laque verte ont été utilisés dans le traçage
de ce qui restera, dans l’histoire de la circulation routière, une première
mondiale. 1200 km de toile ont été déployés en banderoles, en panneaux pub et en
drapeaux des pays participant à ce sommet, et leur claquement le soir sous
l’effet de la brise algéroise berce délicieusement le sommeil de nos chanceux
compatriotes qui habitent la capitale. Et je n’évoquerai même pas ici ces
camions aspirateurs spécialement achetés pour l’occasion et qui ont sillonné
jour et nuit les grands axes routiers afin de débarrasser les trottoirs de la
poussière qui s’y est accumulée depuis la dernière grande toilette de la
capitale, lors du Festival panafricain de 1969. Pour tout cela, et pour beaucoup
d’autres raisons encore, je dis aux forces qui ne nous veulent pas de bien, les
milieux ricanants et envieux du retour de l’Algérie sur le devant de la scène
internationale, que ce Sommet arabe d’Alger est et restera unique dans les
annales. Ça, c’est sûr ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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