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“Algérie. Remaniement du gouvernement. Kadhafi n’a toujours
pas arrêté la liste.”
Mais qu’est-ce qu’il attend ?
C’est scandaleux ! Je reviens à l’instant des obsèques émouvantes d’un
palmier de la Moutonnière. Les rares présents ont eu du mal à contenir leurs
larmes. C’est que la fin de ce pourtant jeune palmier, fraîchement planté sur
l’autoroute, a été particulièrement atroce. Il n’a pas été arrosé depuis
mercredi dernier, date de la clôture du Sommet arabe. Son agonie a duré près de
72 heures. Trois longs jours au cours desquels le bel arbre a eu beau appeler au
secours tous les experts pépiniéristes, toutes les escouades de paysagistes qui
se pressaient pourtant à ses pieds, quelques jours avant le Sommet arabe,
lorsque notre beau et encore fringant palmier avait été planté là, rien ! Ni ses
râles, ni les appels au secours des plantes grasses environnantes n’ont attiré
l’attention des autorités. Une non-assistance à plantes et à objets d’apparat en
danger qui m’a été confirmée par le témoignage poignant de la bande verte, venue
elle aussi assister aux obsèques du malheureux palmier : «lui au moins en a fini
avec ce monde ingrat. Et nous, les vivants qui restons ici-bas ? Jusqu’à
mercredi dernier, j’étais chouchoutée, choyée et chevauchée par les plus grands,
les têtes couronnées et enturbannées. Depuis, tout le monde m’emprunte ! Les
plus vils roturiers me foulent aux pneus et me souillent de leur gaz
d’échappement. C’est atroce ! Hier, au plus fort de ma déprime, j’ai même pensé
en finir en m’effaçant une bonne fois pour toute de la face de cette terre.
Finalement, mes copines les lignes blanches et jaunes m’en ont dissuadée. »
Trois peintres en bâtiment désœuvrés et eux aussi debout devant la tombe du
défunt palmier hochaient la tête en écoutant ce témoignage de la bande verte.
Ils semblaient en avoir aussi gros sur la patate que la bande verte. Ils
n’avaient pas touché un pinceau depuis l’ouverture du Sommet arabe. Je les
laissais là, en longue et intense discussion avec la bande verte à qui ils ont
gentiment proposé de la rafraîchir à titre gracieux, sur quelques mètres
seulement, juste pour «tenir la main». J’ai quitté le cimetière en me frayant
tant bien que mal un chemin entre des herbes folles de nouveau envahissantes,
enhardies et pleines d’initiatives depuis que le Sommet arabe s’en était allé
badigeonner les murs d’une autre capitale arabe. Sur l’autoroute, à hauteur d’un
groupe de cantonniers en pleine sieste, couchés à même le gazon jauni et non
tondu, je me suis fait une promesse : rendre le plus bel hommage que l’on puisse
faire à un défunt palmier en fumant quotidiennement du thé pour rester éveillé,
le cauchemar continuait.
H. L.
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