Le Soir Auto : GRAND PRIX DE FORMULE 1
Renault consacré à Bahreïn


Pour la troisième fois consécutive, l’écurie Renault remporte le trophée d’un grand prix de formule 1 au cours des premiers mois de l’année 2005. Après l’Australie et la Malaisie, les pilotes de la marque française ont damé le pion au tenant du titre, l’italien Ferrari et son pilote mythique M. Schumacher au cours d’une course rapide et très captivante.

Sous une chaleur accablante, la troisième étape du championnat mondial de formule 1, qui en compte 19, a eu lieu dans le flamboyant circuit de Bahreïn, inauguré en grande pompe l’année dernière. Un circuit moderne qui vient hisser la barre très haut de la qualité des conditions d’accueil et d’organisation. Des installations performantes et fiables qui ont très vite eu l’approbation de la très exigeante Fédération internationale automobile (FIA). Les anciens circuits d’Europe ou d’Amérique, mythiques, il est vrai pour certains, n’en seraient qu’envieux face à l’extravagance et le luxe du premier circuit des pays du Golfe. Une réalisation qui semble tenir tant à l’émir de Bahreïn qui a en a fait une préoccupation majeure dans sa stratégie d’ouverture et de diversification des ressources, et de développement du tourisme. Une tour majestueuse dominant de part et d’autre le circuit lui permet de suivre les différentes péripéties de la course. Et même les contraintes environnementales et naturelles, du reste, apparues au cours de la première course en 2004, ont eu une solution spectaculaire. En effet, les grains de sable soulevés par les vents largement dominants dans cette région du monde, et qui occasionneraient des dégâts aux mécaniques, ont été “neutralisés” grâce à une colle spéciale répandue en bordure de la piste. C’est dire tout l’intérêt accordé à cette manifestation par les autorités de l’émirat de Bahreïn. Ceci étant, l’édition 2005 a été ainsi marquée par le succès franc de l’Espagnol Fernando Alonso au volant de la nouvelle R25 de Renault et qui a terminé la course avec un temps de l’ordre de 1 h 29’ et 18”, suivi de l’Italien Jarno Trulli au volant de Toyota et de K. Raikkonen avec McLaren Mercedes . Le redoutable M. Schumacher a, pour sa part, abandonné la partie après avoir raté un virage en voulant à tout prix dépasser Alonso. Ce dernier a, en outre, particulièrement brillé lors des séances de qualification effectuées la veille, en enregistrant le meilleur temps, ce qui lui a permis de se placer en pole position. Le succès de Renault reste en fait conforme aux prévisions établies en 2001 par les responsables du losange en annonçant le retour de la marque en formule 1 en affirmant que “les premiers résultats étaient attendus à partir de 2005”. Le “team Renault” est composé de deux pilotes attitrés, Alonso et Giancarlos Fisichello et d’un remplaçant, le Français Franck Montagny. L’équipe est dirigée par Flavio Briatore, un transfuge du monde de la confection et des articles de voyage (Nenetton), qui, dit-on dans les coulisses, a réussi à s’imposer grâce à sa discipline et sa rigueur. Il a surtout défié ses détracteurs qui doutaient au moment de sa nomination sur ses capacités à mener à la gloire l’écurie Renault. Les trois premiers succès de 2005 redonnent de l’espoir dans une équipe jeune et pleinement motivée. Le Grand Prix de Bahreïn a été également la progression fulgurante de Toyota qui se place désormais en prétendant sérieux pour le titre de championnat du monde. Son pilote Trulli a, lui aussi, réalisé des performances très respectables tant durant les séances de qualification que tout au long de la course. Un parcours sans faute qui lui a ouvert les portes de la deuxième place du podium au terme de la course, cinq pilotes étaient portés absents pour abandon. Michael Schumacher (Ferrari), Jeanson Button (Bar Honda), Nick Heidfeld (BMW Williams), Giancarlo Fisichello (Renault) et N. Karthikeyan (Jordan Grand Prix). Côté engouement et malgré un prix d’accès très élevé (600 dollars), plus de 35.000 spectateurs ont bravé la chaleur étouffante pour vivre des moments d’intense émotion. Les tribunes parsemées à travers les différents angles de la piste ont longuement vibré sous les vombrissements assourdissants de mécaniques tournant à 18.000 tr/m. Notons qu’une nouvelle réglementation est entrée en application au cours de cette année, introduisant des dispositions pour la limitation à un seul train de pneumatiques pour les séances de qualification et la course et l’utilisation du même moteur pendant deux rendez-vous. Des mesures qui visent à l’évidence à réduire les performances du véhicule. Des contrôleurs de la FIA sont chargés peu avant le début de la compétition de “plomber” certaines parties du moteur et surveiller de près les entrées aux stands des voitures. Le prochain rendez-vous de formule 1 est prévu dans trois semaines à Imolo, en Italie.
Belkacem Bellil

 

R 25
UN CODE ET UN PROGRAMME

La nouvelle voiture de Renault formule 1 a été longuement préparée par les ingénieurs de la marque, sur la base de nouveaux paramètres décidés par la fédération internationale, concernant notamment les pneumatiques et le moteur. L’objectif : ralentir les monoplaces avant que celles-ci n’atteignent des vitesses de passage en courbe trop dangereuses. La R25 est la voiture la mieux optimisée que Renault à produite jusque-là. Une synthèse des deux précédentes monoplaces, faisant évoluer des concepts éprouvés afin d’améliorer les performances. La voiture fera appel à un système électrique inédit ainsi qu’à un grand nombre de solutions élégantes pour la suspension. Elle est propulsée par un V10 atmosphérique de 3 litres avec une optimisation de la masse pour la fiabilité requise avec un gain par rapport à la RS24. Il est à noter que 98 % des pièces sont nouvelles.

 

PORTRAIT
Fernando Alonso

Il est sans conteste le plus jeune auteur d’une pole position et d’une victoire en Grand Prix. Super star dans son pays, il reste peu soucieux de la notoriété tous azimuts. Il est plutôt timide, loyal, teigneux parfois et surtout passionné. Au volant d’une voiture, il prend une autre dimension. “Lorsque, dit-il, je baisse la visière et quitte le garage, la sensation de liberté que je ressens est indescriptible.” Fernando Alonso utilise alors tout le potentiel de la voiture et de ses aides électroniques. Il freine très tard et très fort, entre de manière agressive dans le virage et s’appuie sur l’anti-patinage en sortie. Sa vitesse est constante du début jusqu’à la fin de la course. En compétition il sait se battre roue contre roue mais ne tape pas sous la ceinture. Pour lui, “chaque course est une expérience en plus”. Il ne relâche son effort qu’en fin de wee-kend lorsque le compétiteur acharné sort de voiture et cède la place au gars

RÉSULTATS
1) F. Alonso : Renault
2) J. Trulli : Toyota
3) K. Raikkonen : McLaren
4) R. Schumacher : Toyota
5) P. de la Rosa : Mc Laren
CLASSEMENT PAR PILOTE
1) Fernando Alonso (Espagne) : Renault
2) Jarno Trulli (Italie) : Toyota
3) Giancarlo Fisichello (Italie : Renault
4) Ralf Schumacher (Allemagne) : Toyota
5) David Coultard (Angleterre) : Red Bull
CLASSEMENT PAR CONSTRUCTEUR
1) Renault 36 points
2) Toyota 25 points
3) Mc Laren-Mercedes 19 points

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