Mercredi 06 Avril 2005
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SOYONS TOLÉRANTS, MES FRÈRES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Réchauffement des relations entre l’Algérie et le Maroc. A Oujda, on est déjà sur un …»

…nuage

Il est du droit d’un ministre des Finances comme Benachenhou de s’en prendre à la presse. Il n’est pas question de lui dénier ce droit. Nous souffrons assez des atteintes à la liberté d’expression et d’exercer notre métier pour nous mettre à notre tour à empêcher le ministre des Finances de dire ce qu’il pense de la presse de son pays. Ça serait un précédent grave en démocratie si un ministre était empêché de dire tout haut qu’il déteste une partie des journaux de son pays. D’ailleurs, de quel droit Benachenhou serait censuré lorsqu’il expose publiquement ses griefs contre la presse ? Plus encore, je trouve particulièrement scandaleux et corporatiste que sous prétexte qu’il a avis bien à lui, différend du nôtre, sur le métier d’informer nous nous en prenions au premier argentier du pays. C’est faire preuve d’intolérance intolérable que de tenter de museler bêtement l’expression libre d’un commis de l’Etat. C’est de la hogra pure et simple. Un ministre seul contre une légion puissamment armée de journaux féroces, quelle honte ! Il faut absolument et urgemment arrêter avec ces pratiques qui ne nous honorent pas. Ne faisons pas subir aux autres ce que nous avons nous-mêmes subi. Par exemple, lors d’une conférence de presse de Benachenhou ou d’un autre ministre, laissons ces valeureux responsables vider ce qu’ils ont comme rancœurs contre la presse pendant le temps qu’il faut. Si Benachenhou a besoin d’un petit quart d’heure d’attaque en règle contre les journaux, laissons-lui ce quart d’heure au nom de la tolérance qui nous a été si souvent refusée. S’il lui faut plus d’un quart d’heure, trente minutes, une heure ou plus, attendons patiemment qu’il se vide de sa colère. C’est bon pour le débat démocratique. C’est bon pour la démocratie. Et c’est bon pour le ministre lui-même qui ainsi ne garde pas sur le cœur un ressentiment qui augmenterait son stress et affecterait sa santé. Ensuite, bien ensuite, bien plus tard, lorsque l’écume de rage contre la presse aura disparu du regard du ministre, lorsque les jointures de ses doigts se seront relâchées, lorsque ses dents ne crisseront plus de l’envie de régler son compte aux journaux indépendants, nous l’écouterons, tout aussi poliment que nous l’avons fait lorsqu’il nous tombait dessus à bras raccourcis, nous expliquer quelle est la stratégie financière de l’Algérie. Et si, malgré tout cela, il ne nous le dit pas, ne crions pas à l’absence de programme. Considérons juste que sa rancœur n’est pas complètement éteinte. Et fumons du thé pour rester éveillés, le cauchemar continue.

H. L.

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