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Récemment pêché sur place, un poisson-chat à trois
yeux, six nageoires et une queue de doberman dément le
rapport des experts japonais : «Non ! oued El Harrach n’est
pas pollué au mercure !»
Ouf !
Une conférence nationale des cadres ? Et elle s’ouvre aujourd’hui ? A Alger ?
En 2005 ? Il n’en fallait pas plus pour que je me remémore le bon vieux temps.
Sonacome et ses fameux bons véhicules. Sonatrach et la bouille sympa du gars qui
faisait la pub télé pour cette huile moteur dont je ne me souviens plus du nom
mais dont le slogan disait à peu près ceci : «Elle est née chez nous, on peut
lui faire confiance !». Les Galeries algériennes et les Souks el fellah où pour
deux kilos de viande congelée achetés vous deviez obligatoirement prendre trois
morceaux de savon de Marseille qui ne mousse pas. Le festival panafricain où
Myriam Makeba massacrait si gentiment le parler algérien et où des chevaux se
retrouvaient les quatre fers en l’air parce qu’obligés de défiler sur le bitume
de la rue Larbi-Ben- M’hidi. La foule furieusement impatiente de s’engouffrer
dans le cinéma Dounyazed pour la projection de Un été 42, un film que nos
fantasmes de jeunes de l’époque classaient d’office dans la catégorie X.
L’allocation devises de 320 francs français et le sommet de la maârifa, du
piston, le flic qui vous délivrait une autorisation de sortie du territoire sans
que vous soyez obligé de traîner votre papa au commissariat. Les casquettes
militaires négligemment posées sur le tableau de bord ou sur les plages arrière
de voitures en stationnement interdit. Le pouvoir fascinant d’une petite étoile
jaune ou même argentée de sous-lieutenant ou d’aspirant dans les queues aux
guichets des mairies et des daïras. Les 504 et les BMW noires, simples voitures
partout dans le monde, symboles de l’autorité de l’ombre et des rafles sourdes
chez nous. Les cadres aux carrières et à l’avancement bloqués par la «grâce» de
l’article 120. L’équipe nationale de football qui à l’époque, grâce au génie
d’un responsable aujourd’hui tombé dans l’oubli, s’était retrouvée un jour
sponsorisée par l’ENCG, l’entreprise des… corps gras ! Ah ! ce bon vieux temps !
Nous avions presque oublié que nous étions passés aussi par là. Heureusement
qu’on nous le rappelle si gentiment en organisant en 2005, à l’heure où nous
négocions avec l’OMC, une conférence nationale des cadres. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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