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“Santé. Qu’est-ce qui va changer dans les hôpitaux? Avant,
t’étais mal soigné, mais tu payais pas. Aujourd’hui, t’es toujours
aussi mal soigné, mais tu vas payer.”
Voilà, fallait juste expliquer !
En prenant connaissance de la prise de bec entre Benachenhou et
Redjimi,
entre le ministre des Finances en partance mais toujours pas parti et son
homologue de la Santé, je n'ai pu m'empêcher de penser à la Loft Story de M6. Si
Abdelatif a craqué et s’est lâché à l'oreille du docteur et non moins collègue.
A l’oreille, mais tout de même assez fort pour être entendu par les témoins
privilégiés de cette scène hallucinante: "Je n'ai rien dit au président de la
République. Et, de toutes les façons, il ne m'écoute plus!". Arrivé à ce stade,
Endemol production n'est plus loin. Gérard Louvin louvoie dans les parages. Dans
le boudoir à confessions, la caméra vidéo sur trépied tourne à plein tube. Et
l'on s'attendrait presque à voir sortir Loana ruisselante de la piscine. Oui!
Oui! Je sais, je mélange entre les reality shows, entre M6 et TF1. Qu'importe !
Les ingrédients sont quasiment identiques aujourd'hui. Deux hauts commis de l'Etat, deux ministres en charge de portefeuilles aussi importants que les
Finances et la Santé s'oublient devant les caméras, les micros et des
journalistes éberlués. Et que se disent-ils? Des échanges d'idées et de théories
sur la bonne gouvernance? Des ébauches de solutions pour la sortie de crise? Des
calculs compliqués et savants sur le financement des hôpitaux? Non! Juste cet
aveu terrible : "De toutes les façons, le président ne m'écoute plus!" Sacre
bleu! Et moi qui allais me moquer. C’est tellement plus facile de ricaner, de
tourner en dérision un puissant. Mais c’est tellement plus difficile d’être
attentif à la détresse des hommes du pouvoir. Oui! Ils ont beau être ministres,
ils n’en sont pas moins humains. S’ils ont des joies, ils ont aussi des
déceptions cruelles. Y a-t-il pire déception que celle d’un ministre des
Finances qui n’est plus écouté par son président ? L’Algérie découvre que celui
qui lui rend la vie plus chère et plus dure est aussi un être fait de chair et
de sang, de sentiments humains et de sensibilité à fleur de peau. L’homme qui
prône la vérité des prix et des réajustements draconiens dans la fiscalité des
Algériens d’en bas, sans piper mot de l’impôt sur les grosses fortunes, peut
aussi avoir le cœur qui se serre et saigne parce que Abdekka ne l’écoute plus.
La prochaine fois que vous verrez passer à toute allure la voiture de
Benachenhou ou de Redjimi sur l’autoroute, ne faites pas preuve d’égoïsme en ne
pensant qu’à vos factures plus salées. Soyez humains et dites-vous que, derrière
les vitres fumées des véhicules blindés, se cachent des hommes plein de
détresse. Et fumez du thé pour rester éveillés, le cauchemar continue.
H. L.
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