Mardi 12 Avril 2005
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LES CHAMPIONS DU VIRTUEL, C’EST NOUS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Devinette : où est logé l’expert japonais chargé d’analyser la qualité de l’eau de oued El-Harrach ? »

A l’hôtel Mercure, évidemment !

Nos voisins mauritaniens sont revenus hier lundi au week-end universel. Je rappelle à tout hasard que la Mauritanie est une république islamique. Le débat sur le week-end universel était en cours chez nous. C’est en Mauritanie qu’il s’est concrétisé. Tout comme d’ailleurs le débat sur le code de la famille et le statut de la femme. C’est en Algérie que la bataille faisait rage entre démocrates et islamo-conservateurs, et c’est au Maroc voisin que la révolution a eu lieu, Mohamed VI ayant supervisé personnellement le dossier. Je rappelle à tout hasard, là aussi, que le Maroc est une monarchie. Comment dès lors expliquer que l’Algérie qui est une république démocratique et populaire lance en l’air de superbes idées, des projets modernistes, des débats virtuellement innovants pour la région et pour le continent et se fasse régulièrement doubler par ses voisins qui, eux, ne pipent mot sur leurs réformes, ne claironnent pas qu’ils voudraient revenir au week-end universel, ne crient pas sur tous les toits que la réforme du code de la famille et du statut de la femme est incontournable, mais y travaillent discrètement, efficacement et de manière pragmatique jusqu’à concrétisation ? Peut-être sommes-nous plus prudents ? Je ne vois d’autre explication. Echaudés par le nombre de réformes annoncées ici, en Algérie, et qui n’ont jamais vu le jour, nos dirigeants ont peut-être tout simplement changé de tactique, de stratégie. Ils ne foncent plus tête baissée, le torse en avant. Ils envoient des leurres. Des agents algériens spécialisés dans l’intox lancent un débat d’idées virtuelles à Alger et attendent ensuite de le voir chipé par les Mauritaniens, les Marocains ou les Tunisiens. Ensuite, nous, tout contents de voir que notre tactique a fonctionné, nous nous frappons les cuisses en nous tordant de rire du piège dans lequel nos voisins sont tombés et de l’efficacité de nos leurres. Et ne me dites surtout pas à quoi ça sert ce genre de tactique. A rien ! Pourquoi ne devrions-nous faire que des trucs qui servent à quelque chose ? Et puis, à la limite, on pourra toujours raconter à nos enfants ébahis que c’est grâce à nos grosses opérations d’intox que la Mauritanie est revenue au wee-kend universel et qu’il fait meilleur vivre au Maroc pour une femme maghrébine. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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