Jeudi 14 Avril 2005
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Jamais Eddoukh !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Jeux islamiques. L’Iran toujours en tête aux épreuves...”

...d’escrime

L’ambiance est tendue au Palais. Limite électrique. C’est que le dernier sondage IPSAUCE donne le NON gagnant au référendum sur l’amnistie générale. 53% de NON contre 47% de OUI. Il est vrai que le scrutin n’est pas pour demain, ni pour après-demain vu que le président de la République n’a pas encore fixé de date, mais tout de même, la panique gagne l’état- major... civil au pouvoir. Comment en est-on arrivé là, alors que le OUI était donné largement gagnant il y a quelques semaines encore ? Il y a bien sûr une explication évidente, le retour de Hachemi Chérif au pays pour quelques jours. Le vieux lion, même affaibli par la maladie, a pesé sur le débat. Au Palais, même si on l’a toujours cordialement détesté, on n’en reconnaît pas moins que l'homme a de la consistance, du Buffet. Mais le come-back de Si El Hachemi n’explique pas tout. Les instituts de sondage sont formels, l’avancée du NON — ou le recul du OUI, si vous préférez — a commencé plus tôt. Déjà, lorsque la Louisa s’était montrée plutôt tiède devant les avances du maître du Palais le 8 mars, journée de la femme. Le locataire d’El Mouradia — expression somme toute ridicule pour quelqu’un qui n’a jamais payé de loyer — a eu beau encenser, flatter, cajoler et faire du gringue à la pasionaria, rien! Dès le lendemain, la Louisa, l’œil plus rebelle que jamais, a repoussé d’un revers de main les œillades discursives du maître mâle. Il y a eu également cette sale guéguerre entre le FLN et le RND, entre les hommes du Président et les hommes du ... Président. A mettre aussi à l’actif de l’avancée du NON la gestion chaotique du dossier kabyle. Dans un tamazight châtié, Ouyahia promettait monts et merveilles aux arouch. Et dans un tlémcénien encore plus fouillé, le maître du Palais reniait les promesses de son chef du gouvernement. Bref, tout cela a fortement contribué à rendre incertaine l’issue d’un référendum conçu au départ comme une simple formalité. Et au Palais, l’ambiance est aujourd’hui tendue. Limite électrique. Que faire pour renverser la tendance ? Certains conseillers ont conseillé — évidemment — au Président de suivre l’exemple de Chirac en entrant en force dans la campagne pour le OUI. Notamment à la télévision, en répondant aux questions des animateurs des émissions politiques phare “Akher Kalima” et “Mala’âb el Aâlam”. Le maître du Palais a regardé ses conseillers un long moment puis a lâché : “Pas question ! Nous ferons comme d’habitude. Nous ferons comme pour tous les autres scrutins”. Cette sentence a aussitôt détendu l’ambiance. La tension électrique a baissé de plusieurs kilowatts et tous ont voluptueusement fumé du thé pour rester éveillés notre cauchemar à nous continuait.

H. L.

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