Samedi 16 Avril 2005
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Quel culot !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

A sa sortie du bureau de Abdekka à qui il venait de remettre sa démission, Benachenhou a déclaré : “Enfin, il a daigné m’écouter !”

Mieux vaut tard que jamais

Il y a des gens comme ça, dotés d’un culot énorme. Quand je dis énorme, il faut comprendre super méga gigantesque culot. Pas un culot d’occasion, un culot de seconde zone, un culot au rabais, un culot m’derreh ou un culot tout-venant. Non ! Un culot de chez culot ! Et Abdelhamid Mehri est l’heureux propriétaire de ce genre très rare de culots. Il fut un “temps déraisonnable” comme le chantait Ferré où le même Si Abdelhamid nous expliquait vaillamment qu’il ne pouvait y avoir de solution à la crise algérienne sans le FIS. Le même Si Abdelhamid n’aurait ainsi jamais fait le déplacement ni signé aucun document à Rome si en face de lui il n’y avait pas eu les gens du Front islamique du salut. Aujourd’hui, avec un peu plus de cheveux gris, mais un peu moins de vaillance tout de même, le sieur Mehri nous explique que l’Algérie peut s’en sortir sans le FIS. A ce niveau-là, ce n’est plus du culot, c’est du génie ! Les portes de la maison Algérie, ils furent quelques-uns à les avoir largement ouvertes au FIS et collatéralement à ses bras armés. Mehri fait partie de ses “généreux” ouvreurs de portes. L’un des plus assidus aux rendez-vous télévisés où il se faisait fort de débattre avec Abassi Madani, lui roucoulant à l’oreille des “sidi cheikh”, “cheikhouna” ou encore “eddouktour”. A l’arrêt du processus électoral, il a crié en chœur au vol de la victoire du FIS et au kidnapping de la démocratie naissante. D’autres, plus tard, beaucoup plus tard, ont inventé un concept qui veut dire à peu près la même chose que ce que disait déjà à l’époque Mehri, celui de “la première violence”. Mais ne nous égarons pas, restons sur Mehri. A lui seul, il est un cas d’école. De cette école de la politique algérienne dans laquelle un acteur important — et Si Abdelhamid en est un — peut venir dire la chose aujourd’hui et revenir quinze ans après nous dire l’exact contraire. Sans que cela choque outre mesure ceux qui vont l’écouter quasi religieusement ni ceux qui se pâment de sa virtuosité et de son pragramatisme animal. De bien beaux labels, ma foi ! Traduits dans un langage plus accessible, ils veulent tout simplement dire “culot”. Mais le culot, en politique, s’arrête d’être une qualité dès lors qu’il engendre 200 mille morts. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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