La cour d’appel d’Alger a eu à examiner hier l’affaire opposant le Soir
d’Algérie à la Direction générale des Douanes algériennes. Plusieurs fois
renvoyé en raison de l’absence de la partie civile, le procès en appel a
finalement eu lieu hier. Le directeur de la publication, Fouad Boughanem, et
l’animateur de la rubrique “Soir Corruption”, Djillali Hadjadj, poursuivis
pour diffamation suite à la publication en janvier 2002 d’un dossier sur les
douanes, ont été condamnés en première instance, à une amende.
Dix mille
dinars pour le journaliste et quarante mille dinars pour la publication. Le
Soir d’Algérie avait fait appel au verdict rendu le 11 mars 2003 par le
tribunal d’Alger. Le procureur de la République près la cour d’appel d’Alger
a demandé hier d’alourdir la condamnation prononcée en première instance, et
ce, en dépit du fait que le département de Sid Ali Lebib ait retiré sa
plainte. L’avocat de la défense avait présenté hier le désistement de la
partie civile. L’affaire est mise en délibéré. Pour rappel, le directeur du
Soir d’Algérie est en passe de battre le record des procès pour diffamation
et offense au chef de l’État. Aux convocations hebdomadaires de la justice,
voilà que ressurgissent les convocations de la police. Fouad Boughanem s’est
rendu hier au siège de la Sûreté de wilaya d’Alger, après avoir quitté le
tribunal de Sidi M’Hamed, pour répondre à une convocation de police qu’il
avait reçue la veille. Au service atteintes aux personnes, il a été
interrogé sur un article consacré à une association caritative publié en
1998. La machine semble être relancée contre la publication qu’il dirige,
puisque hier encore le journal a été destinataire d’une autre convocation de
police qui concerne Malika Boussouf. Deux jours plus tôt, c’est à un
journaliste que les policiers ont ramené une convocation pour le 29 juin
devant le juge d’instruction. Saïda Azzouz
LIBERTÉ DE LA PRESSE
Les journalistes de la Méditerranée solidaires de leurs homologues
algériens
«Nous soutenons nos collègues journalistes algériens, et nous demandons
au gouvernement algérien de respecter l’exercice du journalisme.» C’est là
l’une des sept résolutions adoptées lors de la première rencontre des
journalistes de la Méditerranée, réunis à Almeria, en Espagne le 16 avril
dernier. Les participants demandent au gouvernement algérien «de respecter
l’exercice du journalisme et de s’engager à ne pas emprisonner les
professionnels ». Ils appellent même le gouvernement algérien à réviser ou à
modifier le code pénal «pour protéger et garantir la liberté et la pluralité
de l’information » et consacrer ainsi l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Dans la déclaration finale d’Almeria, les conférenciers soutiennent que «la
solidarité entre journalistes de la Méditerranée permet de lutter de façon
efficace contre toute forme de pression et de censure destinées à passer
sous silence le droit à l’information». La rencontre a été l’occasion de
dénoncer les harcèlements, les attaques, l’emprisonnement et l’enlèvement de
journalistes des pays du Bassin méditerranéen, la libération immédiate de
Florence Aubenas. Comme ils se déclarent scandalisés par le fait que Ali
Lamrabet, journaliste marocain, ait été interdit d’exercer son métier durant
dix ans. La déclaration d’Almeria rappelle que le droit à l’information et
la liberté d’exercer un journalisme libre et indépendant sont les conditions
«nécessaires au développement de la démocratie».
S. A.
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