Lundi 18 Avril 2005
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Régions Ouest : MOSTAGANEM
Constante dégradation du pouvoir d’achat


Quand la ménagère se rend chaque jour que Dieu fait dans les différents souks de la wilaya de Mostaganem, une sempiternelle question lui taraude l’esprit : Que pourra-t-elle mettre dans son couffin pour préparer les repas de la journée ?
En effet les prix des fruits et légumes connaissent une flambée qui met en péril le pouvoir d’achat déjà laminé par l’augmentation de l’eau, l’électricité, le gaz, le loyer locatif, le téléphone et le coût des transports. Que dire encore de l’habillement des enfants et autres accessoires nécessaires à la vie d’une famille qui doit se rabattre par la force des choses sur la friperie avec tout ce que cela comporte comme risques de maladies, puisque plusieurs cas de gale ont été signalés ça et là par manque d’hygiène de ces habits. Cette situation, si elle venait à perdurer ne manquerait pas de provoquer des épidémies qui pourraient coûter cher aux contribuables puisque cette maladie est contagieuse et dans des milieux fermés comme l’école pourrait se répandre rapidement et porter préjudice à la scolarisation des élèves tous cycles confondus. Alors tomber malade, vu la cherté des médicaments, constitue un gouffre financier que beaucoup de pères de famille n’arrivent plus à y faire face. La seule question que se posent ces derniers est comment faire pour assurer la subsistance quotidienne du foyer familial ? Les prix des fruits et légumes augmentent sans cesse. Ainsi donc, le prix de la tomate même pas du premier choix varie entre quatre-vingt et cent dinars le kilo. La pomme de terre ne descend plus sous la barre des trente dinars. Les carottes et les navets avoisinent invariablement les trente et quarante dinars le kilo. La salade verte s’est fixée à cinquante dinars le kilo. Pour les légumes de saison comme l’artichaut les fèves et les petits pois les prix sont stabilisés à quarante dinars le kilo. Les prix des fruits tels que les bananes, la pomme ou l’orange dépassent de loin tout entendement. Les conditions climatiques notamment le froid persistant durant ces derniers mois sont avancées pour expliquer cette cherté des prix. Qui est responsable de cette inflation ? Sans aucun doute les spéculateurs et les intermédiaires ont une grande responsabilité, celle de l’absence des services de l’Etat, aussi, ceux qui devraient être les régulateurs en important pour compenser le déficit résultant entre l’offre et la demande. Si le prix de la viande a été un tant soit peu stabilisé grâce à l’ouverture de plusieurs boucheries spécialisées dans la vente de la viande congelée à trois cents dinars le kilo (ce qui demeure onéreux pour un produit congelé) le prix du poulet est quant à lui passé de cent quatre-vingt dinars à deux cent cinquante dinars le kg. Les bouchers expliquent cela par l’augmentation des prix de l’aliment de volaille, mais aussi des poussins (importés en grande partie d’Espagne) qui est passé de 40 à 75 DA. Cette hausse sans cesse croissante des prix des fruits et légumes, des viandes, des services, diminue de manière drastique le pouvoir d’achat du citoyen et l’enfonce de plus en plus dans l’appauvrissement que l’on constate de visu, puisque de nombreux mendiants pullulent montrant ainsi une fracture sociale qui, si elle venait à perdurer serait préjudiciable à la paix sociale. La liberté des prix ne veut en aucun cas dire que les commerçants doivent en profiter pour mettre mal à l’aise la stabilité sociale du pays. Ne dit-on pas que ventre creux n’a point d’oreille. Les services de l’Etat chargés du contrôle devraient de manière urgente intervenir pour mettre un terme à cette situation et faire en sorte que les citoyens puissent s’approvisionner pour répondre au simple besoin alimentaire de la famille. Un peuple mal nourri, mal soigné et mal formé ne pourra engendrer que malaise et drame social si peu propice à tout effort, à tout projet de développement de la société algérienne.
Osmane B.

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