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A quelques jours du Mouloud, grave accident à Mascara. Un
citoyen a allumé un pétard et a lancé son briquet. Transféré en
urgence à l’hôpital, l’homme dont les jours ne sont plus en danger a
déclaré : “La prochaine fois, j’utiliserai des allumettes.”
Astucieux !
Alors là, non ! Vraiment non ! Y a rien à faire, on pourra tenter de me
convaincre par tous les moyens possibles et imaginables, je n’en démordrai pas :
les gens derrière le trafic du pétard sont hyper-puissants, de cette puissance
qui les classe d’office dans la catégorie des “intouchables” de la république.
Je ne vois pas d’autres explications au spectacle affligeant qui s’offre
quotidiennement à nos yeux de ces étalages opulents, regorgeant insolemment de
pétards et autres produits pyrotechniques. Si j’ai bonne mémoire, et pour le
vérifier, il suffit juste de se plonger dans les archives récentes des journaux,
les autorités étaient toutes heureuses de nous annoncer l’autre jour la saisie
au port de quatre containers bourrés de pétards. Une conférence de presse avait
été organisée aussitôt avec force caméras, micros, journalistes et sourires pour
nous dire que cette année, pour espérer se dégoter un petit paquet de pétards,
il fallait se lever tôt tellement ce marché illégal venait de se ramasser une
belle gamelle à travers cette prise. Aujourd’hui, c’est au moins l’équivalent de
deux mille containers exclusivement remplis de pétards qui se retrouve par
petits lots sur les tables des revendeurs de nos villes et villages. Et ces
containers sont passés par une frontière. Il m’importe peu de savoir s’ils sont
arrivés par le port d’Alger, de Béjaïa ou d’Oran. Par les frontières terrestres
de l’est, du sud ou de l’ouest du pays. Quelle que soit la “porte d’entrée” de
ces produits interdits. Ils sont là ! Supposons une minute, une minute seulement
que les autorités n’aient vraiment pas pu, faute de moyens, endiguer l’entrée
frauduleuse et dangereuse de ces pétards (même si c’est totalement ridicule
comme thèse). Qu’est-ce qui empêche maintenant, tout de suite, ou au plus tard
demain matin les services habilités de lancer une vaste opération de saisie à
l’échelle nationale ? Une personne majeure ou mineure qui vend à l’étalage, sur
la voie publique des pétards est en infraction par rapport à la loi. On peut
même parler de flagrant délit. Ou alors quoi ? On peut s’enorgueillir de retirer
4256 permis de conduire en moins de quinze jours et on ferme les yeux devant un
revendeur de pétards dont l’étal est planté à moins de cent mètres d’un
commissariat ? On peut organiser un séminaire sur la cyber-criminalité et l’on
n’arrive pas à détruire les stocks de pétards actuellement en vente à l’air
libre ? On se flatte de lancer dans les semaines qui viennent des brigades de
policiers juchés sur des VTT et on se montre “incapable” d’empêcher la vente
d’un produit que la RADP, Assemblée et Sénat réunis, a classé dangereux et
interdit ? Arrêtons ! Barakat ! ça suffit avec l’esbroufe des quatre containers
médiatiquement saisis pour ensuite se retrouver avec un marché du pétard en
sur-stock, inondé, quasiment saturé. Très sérieusement, arrêtez, parce que c’est
nous prendre pour des enfants de chœur. Et ça, voyez-vous, ça a le chic de me
mettre en pétard. Tellement en pétard que j’en fume du thé pour rester éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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