Lundi 18 Avril 2005
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Fakou !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

A quelques jours du Mouloud, grave accident à Mascara. Un citoyen a allumé un pétard et a lancé son briquet. Transféré en urgence à l’hôpital, l’homme dont les jours ne sont plus en danger a déclaré : “La prochaine fois, j’utiliserai des allumettes.” 

Astucieux !

Alors là, non ! Vraiment non ! Y a rien à faire, on pourra tenter de me convaincre par tous les moyens possibles et imaginables, je n’en démordrai pas : les gens derrière le trafic du pétard sont hyper-puissants, de cette puissance qui les classe d’office dans la catégorie des “intouchables” de la république. Je ne vois pas d’autres explications au spectacle affligeant qui s’offre quotidiennement à nos yeux de ces étalages opulents, regorgeant insolemment de pétards et autres produits pyrotechniques. Si j’ai bonne mémoire, et pour le vérifier, il suffit juste de se plonger dans les archives récentes des journaux, les autorités étaient toutes heureuses de nous annoncer l’autre jour la saisie au port de quatre containers bourrés de pétards. Une conférence de presse avait été organisée aussitôt avec force caméras, micros, journalistes et sourires pour nous dire que cette année, pour espérer se dégoter un petit paquet de pétards, il fallait se lever tôt tellement ce marché illégal venait de se ramasser une belle gamelle à travers cette prise. Aujourd’hui, c’est au moins l’équivalent de deux mille containers exclusivement remplis de pétards qui se retrouve par petits lots sur les tables des revendeurs de nos villes et villages. Et ces containers sont passés par une frontière. Il m’importe peu de savoir s’ils sont arrivés par le port d’Alger, de Béjaïa ou d’Oran. Par les frontières terrestres de l’est, du sud ou de l’ouest du pays. Quelle que soit la “porte d’entrée” de ces produits interdits. Ils sont là ! Supposons une minute, une minute seulement que les autorités n’aient vraiment pas pu, faute de moyens, endiguer l’entrée frauduleuse et dangereuse de ces pétards (même si c’est totalement ridicule comme thèse). Qu’est-ce qui empêche maintenant, tout de suite, ou au plus tard demain matin les services habilités de lancer une vaste opération de saisie à l’échelle nationale ? Une personne majeure ou mineure qui vend à l’étalage, sur la voie publique des pétards est en infraction par rapport à la loi. On peut même parler de flagrant délit. Ou alors quoi ? On peut s’enorgueillir de retirer 4256 permis de conduire en moins de quinze jours et on ferme les yeux devant un revendeur de pétards dont l’étal est planté à moins de cent mètres d’un commissariat ? On peut organiser un séminaire sur la cyber-criminalité et l’on n’arrive pas à détruire les stocks de pétards actuellement en vente à l’air libre ? On se flatte de lancer dans les semaines qui viennent des brigades de policiers juchés sur des VTT et on se montre “incapable” d’empêcher la vente d’un produit que la RADP, Assemblée et Sénat réunis, a classé dangereux et interdit ? Arrêtons ! Barakat ! ça suffit avec l’esbroufe des quatre containers médiatiquement saisis pour ensuite se retrouver avec un marché du pétard en sur-stock, inondé, quasiment saturé. Très sérieusement, arrêtez, parce que c’est nous prendre pour des enfants de chœur. Et ça, voyez-vous, ça a le chic de me mettre en pétard. Tellement en pétard que j’en fume du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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